International

Ulcos à Florange bénéficiera d'«une seconde chance»

La commission européenne ne débloquera aucune aide, l'an prochain, pour des projets de captage de CO2. Le projet Ulcos pour relancer Florange, pourra retenter sa chance en 2013.

Ludovic Lamant

18 décembre 2012 à 19h48

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De notre envoyé spécial à Bruxelles

Après le retrait in extremis d'Arcelor Mittal et de son projet expérimental Ulcos, un temps présenté comme la solution miracle pour relancer les hauts-fourneaux de Florange, la commission européenne a reconnu qu'elle ne financerait finalement aucun projet de captage et de stockage de carbone l'an prochain, faute de candidats.
Connie Hedegaard, la commissaire danoise à l'action climatique, a toutefois confirmé, lors d'un point presse mardi à Bruxelles, qu'il y aurait bien pour Ulcos « une seconde chance ». Un nouvel appel d'offres s'ouvrira début 2013, avec une sélection de nouveaux projets d'ici la fin de l'année prochaine. Il s'agit de faire « très, très rapidement », a-t-elle précisé.

Les 23 sites retenus. ©CE. © 

La commission dévoilait mardi les résultats attendus d'un vaste appel d'offres, dans le cadre d'un programme qui vise à financer, en partie grâce à l'argent des pollueurs, des projets innovants en matière d'énergies renouvelables. En fin de compte, 23 sites ont été retenus dans 16 États membres, dont deux en France – un projet de développement de biocarburants de seconde génération, à Strasbourg, et l'installation d'un champ d'éoliennes flottantes au large de Marseille, proposée par EDF.
À l'origine, trois projets expérimentaux devaient aussi être aidés, pour tester des méthodes de captage de carbone. L'été dernier, la commission avait d'ailleurs dévoilé une pré-sélection de huit projets. Ulcos figurait à l'époque à la huitième et dernière place du classement, mais le projet du sidérurgiste indien avait, au fil des mois, profité de désistements.

Début décembre, il était donné favori, quasiment assuré d'obtenir ces fameuses aides européennes. Même le premier ministre Jean-Marc Ayrault, en pleine crise politique autour de l'avenir de Florange, les donnait pour acquises, et les présentait comme l'alternative à la « nationalisation temporaire » vantée par son ministre Arnaud Montebourg. Pourtant, Mittal a jeté l'éponge début décembre, indiquant des « raisons techniques ». « Ce n'est pas faisable techniquement et raisonnable sur le plan de la sécurité », a assuré, plus tard, un dirigeant de Mittal aux Échos. Tous les candidats se sont donc volatilisés.
Pourquoi cette désertion a-t-elle été si massive ? « La commission européenne ne peut fournir que 50 % des financements, les pays doivent garantir les autres 50 % », a reconnu Connie Hedegaard. Or, a poursuivi la commissaire, « les temps sont difficiles pour les États » qui, souvent, ont rechigné à cofinancer des projets tests, aux résultats par nature incertains. Dans le cas d'Ulcos, si l'État français et les collectivités territoriales se disaient prêts à participer, c'est bien l'entreprise elle-même qui s'est désengagée. Seule en lice en bout de course, Mittal se serait ainsi privé de 264 millions d'euros d'aides pour développer Ulcos, selon une source citée par l'AFP.
Mittal pourrait donc tenter à nouveau sa chance en 2013, avec, de nouveau, le soutien de Paris. Mais les probabilités sont fortes que l'entreprise n'obtienne, en bout de course, qu'une aide plus modeste. Un projet concurrent à celui d'Ulcos est en effet sur les rails, porté par l'État néerlandais et l'entreprise française Air Liquide, et qui pourrait lui aussi, prétendre à une part du gâteau. À cela s'ajoutent les incertitudes de fond liées à la viabilité économique de ce projet, qui, comme l'a déjà décrypté Mediapart, s'appuie sur les recettes tirées d'un marché du carbone aujourd'hui en pleine déconfiture.

Ludovic Lamant


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