Le «tribunal Monsanto» plaide pour la reconnaissance de l’«écocide»

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Six mois après les audiences, les cinq juges de ce tribunal citoyen ont rendu leurs conclusions mardi à La Haye. Leur constat est sans appel : l’activité du géant des OGM bafoue des droits humains fondamentaux.

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Les promoteurs du tribunal international Monsanto l’avaient exclu d’entrée de jeu : ils ne voulaient pas d’un simple tribunal citoyen, constitué d’intellectuels et de représentants de la société civile qui viendraient condamner sur la place publique le champion mondial des OGM. L’ambition de ces activistes était différente. Ils ont fait appel à cinq juristes reconnus à travers le monde (Argentine, Belgique, Canada, Mexique, Sénégal) pour « dire le droit », en toute indépendance, sur les conséquences des activités de Monsanto.

Après les deux journées d’audience en octobre 2016 à La Haye, aux Pays-Bas (Mediapart y était), les cinq juges emmenés par la Belge Françoise Tulkens ont rendu, mardi 18 avril, leur « avis consultatif ». Dans ce « raisonnement juridique » d’une soixantaine de pages, on ne trouve ni verdict définitif, ni charges prononcées à l’encontre de la firme de Saint-Louis. Il n’est pas non plus fait mention d’hypothétiques indemnités à verser aux victimes. « Le Tribunal ne détient aucun pouvoir d’investigation et son avis consultatif n’est pas juridiquement contraignant », rappellent les juges.