De notre envoyé spécial à Madrid. Ils ne parlent pas de « congrès », un terme trop identifié aux partis traditionnels qu'ils abhorrent, mais d'une « assemblée citoyenne ». L'expression est censée renouer avec l'esprit des réunions locales, organisées selon des principes de démocratie directe, qui forment l'ADN de Podemos. Depuis samedi matin à Madrid, ils sont environ 7 000 activistes et sympathisants à avoir répondu à l'appel, pour débattre de l'organisation du mouvement et fixer sa stratégie d'ici aux élections générales de 2015.

« Nous sommes ici pour gagner, pour former un gouvernement », a lâché d'entrée de jeu Pablo Iglesias, chemise blanche, jean et baskets aux pieds, leader de Podemos. « (Nos adversaires) savent que nous pouvons gagner. Nous ne sommes plus un mouvement citoyen. Nous n'allons pas avoir peur de discuter stratégie et tactique », a poursuivi Iglesias, un professeur de sciences politiques à l'université de Madrid, âgé de 36 ans (écouter la première intervention d'Iglesias samedi dans la vidéo ci-dessous).

Pour Podemos, tout est allé très vite : naissance en janvier autour de la figure d'Iglesias, succès aux européennes de mai (1,2 million de voix, cinq eurodéputés) et, depuis, une cote de popularité qui se maintient, alors que l'Espagne ne voit pas le bout de la crise (plus de 50 % de chômage chez les jeunes). En moins d'un an, le mouvement, encore très flou sur son programme, plutôt ancré à gauche, pourrait mettre un terme au bipartisme PP-PSOE qui a régi le système politique espagnol depuis la transition post-franquiste.