Le Portugal en feu: chronique d’une tragédie annoncée

Par

La forêt brûle. La forêt tue. 64 morts près de Leiria. Mais quelle forêt ? Celle que l'industrie papetière a imposée à un Portugal intérieur dépeuplé, déshérité, oublié. Un plan de réforme de 2005 demandait déjà un « nouveau paradigme ». La classe politique, aujourd'hui unanime dans le compassionnel, va-t-elle enfin sortir du déni ? 

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Ce qu’il y a de plus étonnant dans l’épouvantable tragédie du Pédrogao Grande, c’est qu’elle ne se soit pas produite plus tôt, puisqu’il y a désormais plus de trois décennies que des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’hectares du territoire portugais sont consumés chaque été par le feu, pour des raisons identifiées de longue date (lire ici). Les responsabilités politiques sont multiples mais l’actuel chef du gouvernement socialiste, Antonio Costa, se distingue pour avoir, en 2007, comme ministre de l’intérieur, poussé un plan de protection de la forêt privilégiant le « combat » contre le feu au détriment de la prévention. Un choix de facilité mais funeste, au propre comme au figuré.