En Turquie, la marche de ceux qui «en ont marre d’avoir peur»

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Depuis jeudi 15 juin, plusieurs centaines de marcheurs venus d’horizons divers ont emboîté le pas du leader du parti d’opposition CHP, Kemal Kiliçdaroglu, sur la route menant d’Ankara à Istanbul. Proches de victimes des purges ou simples citoyens las de se taire face à la répression, ils sont réunis autour d’un seul mot d’ordre, le retour de la justice dans une Turquie sortie des rails de l’État de droit.

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Kahraman Kazan (Turquie), envoyé spécial.– Sabriye Demirci en a « marre d’avoir peur ». Assise dans l’ombre rafraîchissante d’un pin, au terme d’une journée de randonnée au grand soleil, l’ophtalmologue ankariote se dit indifférente aux injonctions proférées par Recep Tayyip Erdogan. Plus tôt dans la journée, le président islamo-conservateur a prévenu les participants de la Marche de la justice : « Ce n’est pas en marchant avec des pancartes “justice” à la main qu’on amène la justice (…). Ne vous étonnez pas si demain le juge vous invite quelque part. »