Attentat de Karachi: comment la piste Al-Qaïda s'est effondrée

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Pendant des années, l'attentat du 8 mai 2002, qui a visé des ouvriers français de la DCN à Karachi, a été au centre d'une vérité officielle: il était l'œuvre de la mouvance islamiste Al-Qaïda. Cette thèse est pourtant l'aboutissement d'une grossière construction policière pakistanaise, validée par un juge français, Jean-Louis Bruguière, comme le démontre l'enquête de Mediapart.

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«Chacun des accusés [...] est condamné à la peine de mort et sera pendu jusqu'à ce que mort s'en suive.» En prononçant son verdict le 30 juin 2003, le juge Feroz Mahmood Bhatti, président de la deuxième section de la cour antiterroriste de Karachi, envoie un message sans équivoque: l'affaire de l'attentat du 8 mai 2002 contre les Français de la DCN est désormais close, les coupables sont confondus et justice ne pourra passer que par les foudres du châtiment suprême pour les criminels. Le tout, treize mois seulement après les faits. Exemplaire.