Turquie: pour en finir avec l’agenda caché islamiste de l’AKP

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Se fondant sur une interprétation très libre du concept de laïcité à la turque, une partie de la presse internationale mais aussi des représentants politiques s’inquiètent toujours d’une possible «islamisation rampante» de la Turquie. La question de l’agenda caché du parti au pouvoir ne fait pourtant plus débat en Turquie, ni au sein de la société, ni même dans l’opposition kémaliste. De notre envoyé spécial en Turquie.

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C'est la vieille rengaine qu'une partie de la presse internationale ne peut s'empêcher de ressortir du placard dès que l'on parle de la Turquie : depuis l'arrivée au pouvoir de l'AKP, la laïcité à la turque, produit de la «révolution» amorcée par Mustapha Kémal au début de siècle, serait menacée par le plan secret d'un gouvernement issu de l'islam politique, et qui pour l'heure se tiendrait tranquille en attendant le grand soir islamique. Faiblesse de la couverture de l'actualité turque (beaucoup de quotidiens d'importance, comme le Guardian, ne jugent pas utile d'employer un correspondant à plein temps sur place) ; difficultés à saisir les nuances d'une société qui évolue vite à la faveur d'un printemps économique qui ne se dément pas. Problème d'écoute, aussi, car l'AKP a construit son ascension sur un message clair : «Politiquement, nous sommes des conservateurs, économiquement, nous sommes des libéraux.»