Le Brexit est une question existentielle pour l'Irlande, dit Varadkar

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La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne n'est pas seulement une question commerciale mais une question existentielle pour la République d'Irlande, a déclaré jeudi le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar.
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DAVOS, Suisse (Reuters) - La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne n'est pas seulement une question commerciale mais une question existentielle pour la République d'Irlande, a déclaré jeudi le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar.

L'Irlande est le seul pays de l'EU à disposer d'une frontière terrestre avec le Royaume-Uni et cette question constitue le principal obstacle à l'acceptation d'un accord par Londres et par Bruxelles.

Depuis les accords de paix de 1998 qui ont mis fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord, il n'existe plus de frontière physique entre cette province et l'Irlande. C'est le rétablissement de cette frontière qui inquiète les autorités de Dublin.

S'exprimant lors du Forum économique mondial à Davos en Suisse, Leo Varadkar a fait part de ses craintes et a réaffirmé sa volonté de parvenir à un compromis avec la Grande-Bretagne afin d'éviter le scénario d'un "no deal", un divorce sans accord.

"Souvent quand je parle du Brexit à l'extérieur de l'Irlande, les gens parlent de cela comme si c'était un accord commercial, comme si c'était une question concernant le commerce, l'emploi, l'économie et l'immigration", a expliqué Varadkar dans une interview.

"Toutes ces choses sont importantes mais c'est différent pour l'Irlande, c'est existentiel. Nous avons eu vingt ans de paix en Irlande, nous avons accru la coopération Nord-Sud et la base de tout cela a été l'Union européenne. C'est la raison pour laquelle, pour nous, c'est une question très différente".

Dans l'accord conclu entre les Européens et les négociateurs britanniques, est prévue une clause de sauvegarde (backstop) qui vise à empêcher le rétablissement d'une frontière physique.

C'est cette disposition qui cristallise l'opposition des Brexiters britanniques et du parti nationaliste nord-irlandais DUP allié des conservateurs à la Chambre des communes.

L'accord soutenu par la Première ministre Theresa May devant les députés a été rejeté à une très large majorité et la chef du gouvernement a renoncé cette semaine à présenter un plan B dans l'immédiat.

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