La gestion du dossier nord-coréen critiquée par les démocrates

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Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a déclaré jeudi que les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord allaient redevenir "normales", après l'annulation du sommet qui s'annonçait historique entre Donald Trump et Kim Jong-un, même s'il a dit espérer une reprise d'un dialogue sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.
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WASHINGTON (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a déclaré jeudi que les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord allaient redevenir "normales", après l'annulation du sommet qui s'annonçait historique entre Donald Trump et Kim Jong-un, même s'il a dit espérer une reprise d'un dialogue sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Peu après l'annonce de l'annulation du sommet de Singapour par le président américain, Mike Pompeo a entamé une audition de quatre heures au Sénat pendant laquelle il a entendu les remarques acerbes des élus démocrates sur la gestion du dossier nord-coréen par l'administration Trump.

"L'art de la diplomatie est parfois plus difficile que l'art du 'deal'," a déclaré le sénateur démocrate Bob Menendez, vice-président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, par allusion au titre d'un livre (The Art of the Deal") publié en 1987 par Donald Trump.

Les démocrates ont critiqué en particulier les propos du conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui a suggéré une dénucléarisation "à la libyenne" de la Corée du Nord, provoquant la colère de Pyongyang.

"Je ne suis pas sûr que le fait de citer constamment le modèle libyen soit une manière diplomatique de chercher à obtenir les résultats que nous cherchons en Corée du Nord, parce que cela n'a pas du tout bien marché pour Kadhafi", a ironisé Bob Menendez.

Après avoir annoncé le démantèlement de ses armes de destruction massive en 2003 à l'issue de négociations avec Londres et Washington, le dirigeant Mouammar Kadhafi a été renversé et exécuté en 2011 au terme d'une révolution soutenue par les armées occidentales.

TRUMP A PRIS SA DÉCISION MERCREDI

Mike Pompeo a réaffirmé que son administration n'assouplirait aucune sanction contre le régime nord-coréen.

"C'est en quelque sorte 'retour à la normale'. La campagne de pressions va se poursuivre", a déclaré le secrétaire d'Etat.

Il a ajouté qu'il était déçu mais pas surpris que le sommet ait dû être annulé.

Pompeo, qui a rencontré Kim Jong-un à deux reprises ces derniers mois, a expliqué que la Corée du Nord n'avait pas répondu depuis des jours à des demandes américaines concernant l'organisation de la rencontre.

Il a toutefois espéré que Pyongyang et Washington pourraient se remettre à discuter du démantèlement du programme nucléaire nord-coréen mais souligné que la décision revenait à Kim Jong-un.

Mike Pompeo a déclaré que Donald Trump avait pris lui-même la décision d'annuler le sommet après des réunions mercredi à la Maison blanche, au terme desquelles il a conclu que sa rencontre avec Kim ne produirait aucun résultat.

"Nous avons toujours su qu'un sommet sans résultat était une possibilité", a affirmé le secrétaire d'Etat américain.

Selon un haut responsable américain souhaitant rester anonyme, Donald Trump a décidé de renoncer à la rencontre car Pyongyang n'a pas tenu une série de promesses et coupé ses canaux de communication avec les Etats-Unis.

Evoquant ces promesses non tenues, il a cité le fait que les Nord-Coréens n'étaient pas venus à une rencontre programmée la semaine dernière à Singapour, qu'ils n'aient pas autorisé des experts à assister au démantèlement du site d'essais nucléaires de Pyungge-ri.

Le démantèlement a eu lieu jeudi en présence de journalistes de divers pays. Avant que les relations s'enveniment, Pyongyang a également libéré il y a deux semaines trois ressortissants américains.

Selon Robert Einhorn, expert en non-prolifération à la Brookings Institution, Donald Trump s'est rendu compte qu'il n'obtiendrait aucune garantie de Kim Jong-un sur l'abandon du programme nucléaire.

"Je pense qu'il n'avait pas envie d'aller à Singapour et de repartir sans rien", a-t-il dit.

Le haut responsable américain a précisé que Donald Trump avait rédigé lui-même chaque mot de la lettre annonçant l'annulation du sommet.

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