La France et l’ONU: une relation en perte de vitesse

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La France a longtemps représenté une voie médiane aux Nations unies, ce qui lui permettait d'avoir beaucoup d'influence. Aujourd'hui, en raison d'une politique étrangère atlantiste et d'un désintérêt pour le lobbying, elle voit la plupart des postes importants lui échapper.

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De notre correspondante à New York (ONU). - Il fut un temps où la France pouvait s’enorgueillir de faire partie des puissances dont l’avis comptait aux Nations unies. L’entente était cordiale, comme il est de règle dans le temple de la diplomatie. Mais, depuis quelques années, les relations ont changé. Il suffit pour s’en assurer de prêter une oreille attentive aux critiques formulées par des fonctionnaires ou des diplomates, français aussi bien qu’étrangers. « La France n’a pas de véritable politique d’influence. C’est dommage, car cela lui permettrait d’avoir du poids sur l’échiquier politique mondial », déplore une conseillère politique française en poste à l’ONU, tandis qu’un haut fonctionnaire britannique surenchérit : « Elle vit sur ses acquis. Elle considère qu’avoir un siège permanent au Conseil de sécurité assorti du droit de veto est suffisant et que d’une certaine manière, il n’y a pas plus important. »