Sarkozy rêve d'un drôle d'axe Paris-Londres

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Nicolas Sarkozy veut engager un changement stratégique de la politique européenne de la France en privilégiant une nouvelle relation franco-britannique au détriment du traditionnel axe franco-allemand. C'est une des raisons de la détérioration des relations entre Paris et Berlin. Mais, à quelques jours d'un important sommet de l'Otan, le désaccord reste entier avec Londres sur la question de la construction d'une Europe de la défense.

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Dans la longue et tumultueuse histoire des relations entre la France et le Royaume-Uni, il est un espoir déçu qui marque les esprits. En 1956, à l’époque de la crise de Suez, l’anglophile Guy Mollet, alors président du Conseil de la IVe République, aurait proposé au Premier ministre britannique que la France rejoigne le Commonwealth et devienne sujette de la couronne britannique. A l’époque, les Français s’étaient vu opposer une fin de non-recevoir.
Aujourd’hui, de façon peut-être aussi improbable, Nicolas Sarkozy, qui vient plaider la cause d’une armée européenne, pose problème aux Britanniques et irrite les Américains au plus haut point. « Si l’Europe veut être digne de ce nom, elle doit être capable d’assurer sa sécurité. Elle ne peut pas simplement être capable d’assurer sa prospérité », a déclaré Nicolas Sarkozy, mercredi 26 mars, devant les chambres des Communes et des Lords réunies au Palais de Wesminster.
Pour cette première visite d’Etat et ce sommet entre le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown, tout deux fraîchement élus en 2007, Paris a lancé une vaste offensive de charme en direction de Londres, l’eurosceptique. « Nous avons besoin de rassembler les 27, nous avons besoin d'abord de cette nouvelle entente franco-britannique », a-t-il précisé devant les députés britanniques.