Mali: les anciens putschistes avertissent la France

Par Jean-Christophe Riguidel

« Le Mali veut rester indépendant, si les Français l’oublient, ils le paieront très cher » : dans les casernes, le capitaine Sanogo, l’auteur du putsch de mars 2012, reste influent et populaire. Un vent de fronde souffle toujours sur l’armée, d’autant que la France donne le sentiment de tout contrôler dans son ex-colonie alors que l'élection présidentielle se tient dimanche.

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Bamako, Kati (Mali), envoyé spécial. « Ici, il faut vous arrêter immédiatement ! Vous êtes au check-point Tchétchénie », hurle un soldat lourdement armé, en faction à l’entrée du camp militaire de Kati, fief du capitaine Sanogo, l’auteur du putsch de mars 2012 qui avait fait tomber le régime du président ATT (Amadou Toumani Touré). Ordre de se garer sous des manguiers. Là, il faut appeler sur son portable l’un des proches de Sanogo. Il nous autorise à aller plus loin à l’intérieur du camp militaire, situé à quinze kilomètres de Bamako. Nouveau check-point, nous voilà à l’entrée de l’avenue interdite d’accès depuis le putsch de mars 2012. Même les candidats à la présidentielle n’ont pas pu la traverser. Elle jouxte le siège du capitaine Sanogo.