Le tribunal de la dernière chance pour juger les Khmers rouges

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Le procès pour crimes contre l'humanité de Duch, le directeur de S-21, principal centre de torture et d'exécution du régime khmer rouge, doit débuter lundi 30 mars au Cambodge. Mediapart y sera, pour raconter les audiences. En attendant, retour sur ce tribunal exceptionnel, produit d'une décennie de négociations entre l'ONU et Phnom Penh, allergique à la justice pénale internationale. Ses 29 magistrats, cambodgiens et étrangers mêlés, vont se pencher sur des massacres de masse qui ont fait 1,7 million de morts entre 1975 et 1979.

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Pour rejoindre le tribunal, il faut s'extirper de la capitale cambodgienne, payer un tuk-tuk, parcourir quinze kilomètres, par 35°C. Bref, il faut suer. Et cet éloignement est tout un symbole: pendant longtemps, Phnom Penh a repoussé cette justice pénale internationale qui prétendait condamner la "clique" de Pol Pot et ses crimes de masse (1,7 million de personnes exécutées, torturées ou affamées par le régime ultramaoïste des Khmers rouges). Longtemps, Hun Sen, l'actuel premier ministre, a clamé la nécessité de «creuser un trou» et «d'y enterrer le passé»...