Brexit: les Européens mettent en scène leur unité face aux «illusions» de May

Les dirigeants européens, réunis samedi à Bruxelles, se sont entendus sur les lignes directrices de la négociation du Brexit. Plusieurs d’entre eux s’inquiètent d’une Theresa May en plein « déni de Brexit », à l’approche des élections anticipées du 8 juin au Royaume-Uni.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles (Belgique).-  Pour une fois, les dirigeants européens – ils n’étaient que 27, en l’absence de la Britannique Theresa May – n’ont pas exposé leurs divisions lors d’un sommet à Bruxelles. Il leur a fallu à peine quelques minutes, samedi en début d’après-midi, pour adopter les lignes directrices de la négociation du Brexit. « Cette unanimité confère un mandat politique fort pour les futures négociations », s’est félicité le Polonais Donald Tusk, à la tête du Conseil européen, l’institution qui organise les grand-messes bruxelloises. Londres « va tout faire pour diviser les 27 États membres, et c’est un piège dans lequel il faudra éviter de tomber », a mis en garde Charles Michel, le premier ministre belge, à la sortie du sommet.
Jusqu’à quand durera cette unité ? Elle s’accompagne en tout cas d’une vive inquiétude, de la part de certains dirigeants européens, qui s’est encore renforcée cette semaine. En particulier depuis le dîner qui s’est tenu mercredi soir à Londres, entre Theresa May, la cheffe de l’exécutif britannique, Jean-Claude Juncker, le patron de la Commission européenne, et Michel Barnier, censé encadrer, pour le compte de la Commission, les futures négociations. Aux yeux des Européens, Theresa May n’a pas pris la mesure de ce que signifiait le départ du Royaume-Uni. Ce qui augure de discussions très compliquées, d’entrée de jeu – toujours selon la version dominante à Bruxelles.
Alertée par Juncker jeudi matin, qui lui a débriefé son dîner, Angela Merkel a exhorté son homologue britannique, dès jeudi, à ne pas se faire d’« illusions » sur les conditions de sortie. Wolfgang Schäuble, l’influent ministre des finances de Merkel, en a rajouté une couche, vendredi : « Rien ne sera gratuit » (« There is no free lunch », a-t-il mis en garde, en anglais dans le texte). À Paris, les Français affichent la même intransigeance : « Il y a un coût à ne plus être dans l’UE », a ainsi martelé François Hollande samedi, lors de sa dernière conférence de presse à Bruxelles en tant que chef d’État (envoyant un message tout à la fois au gouvernement britannique et aux électeurs français qui seraient tentés par un vote pour le Front national le 7 mai).

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