Scandale Snowden : l'Allemagne, victime et complice, se trouve écartelée

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Outre-Rhin, un bras de fer s’est engagé entre les défenseurs des libertés – journalistes, députés, avocats ou ONG –, et ceux qui estiment que notre sécurité justifie le viol de notre sphère privée, gouvernement allemand en tête ! La semaine dernière, la commission d’enquête parlementaire sur les écoutes de la NSA a démarré ses auditions. Histoire d’un combat à l’issue incertaine.

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Berlin, correspondance.   « Espionnez les espions : découvrez les agents secrets qui se cachent près de chez vous ! » C’est avec cette invitation ironique que le site internet Guerre secrète accueille le visiteur. Mis en ligne à l’automne 2013, six mois après les premières révélations de l’ex-agent américain Snowden, ce site n’est pas un blog obscur. Il est le fruit de la coopération entre deux grands médias allemands : la chaîne de télévision publique NDR, qui couvre le nord de l’Allemagne, et le grand quotidien munichois de centre gauche Süddeutsche Zeitung. Ce dernier fait d’ailleurs partie du pool international de médias qui travaillent sur l’exploitation des documents internes volés par Edward Snowden à son ancien employeur, la NSA, l’agence de renseignement américaine désormais célèbre, qui, tel le « Big Brother » de George Orwell, se moque des règles, des lois et de la liberté des personnes qu’elle est censée protéger.