Les interprètes et traducteurs crient casse-langue

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En France, 15 000 interprètes et traducteurs ont été laissés sur le carreau avec le confinement. De tels truchements, essentiels pour que notre monde ne sombre pas dans l’incompréhension totale, lancent un cri d’alarme. Sachons l’interpréter.

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C’est l’un des métiers les plus subtils au monde : interprète de conférence. Jocelyne de Viry, qui dirigeait au siècle passé, à l’Unesco, le service de ces intermédiaires essentiels, racontait comment il leur fallait une culture infaillible – pour restituer, à titre d’illustration, les joutes oratoires de l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop s’attachant à prouver que les premiers pharaons étaient noirs. Et ce, doublé d’un sens aigu de la diplomatie – par exemple, prendre le risque, en une fraction de seconde, pour éviter l’irréparable, de seulement traduire « chien », sans y ajouter « fils de chien », dans une diatribe détonante d’un orateur libyen, au temps du bouillant colonel Kadhafi…