Avant son congrès, Podemos étale ses désaccords

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Un violent combat de chefs entre Pablo Iglesias et son numéro deux, Íñigo Errejón, bouscule le mouvement anti-austérité Podemos. Au-delà de la bataille d’égos, c’est un débat de fond qui traverse le parti, sur les manières d’élargir son électorat dans les années à venir.

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De notre envoyé spécial à Madrid (Espagne) - Le nom de code du prochain congrès circule depuis l’automne : ce sera « Vistalegre II ». Mais il n'est pas encore certain qu'il se déroulera dans cette salle omnisports de la banlieue de Madrid, qui avait accueilli, en octobre 2014, le premier congrès fondateur de Podemos (« Vistalegre I »). À l’approche de cette « assemblée citoyenne » (du 10 au 12 février 2017), les principaux responsables du mouvement anti-austérité jouent à se faire peur. Sur les réseaux sociaux, à la télévision, dans la presse, Podemos étale ses divisions et expose ses doutes sur la stratégie à suivre.

« Il est fondamental que Podemos ne se convertisse pas en une coalition de courants, en un parti de barons, en un parti divisé pour toujours, en un parti qui ressemble à un gâteau, où chaque dirigeant dirait : ça, c’est ma part, et donc je veux autant d’argent et de postes… Si l’on s’y prend comme ça, on va devenir le PSOE [le parti socialiste – ndlr], et l’on sera morts », a mis en garde Pablo Iglesias, dans un entretien fin décembre à InfoLibre (site partenaire de Mediapart en Espagne). « Il se passe des choses qui mettent en danger la continuité du projet », a lâché, de son côté, Pablo Echenique, secrétaire à l’organisation du parti, et proche d’Iglesias.