En Israël, Netanyahou échoue à former une coalition, la Knesset dissoute

Les députés israéliens ont décidé dans la nuit de mercredi à jeudi de dissoudre le Parlement, après que le premier ministre sortant Benjamin Netanyahou a échoué à former un gouvernement de coalition dans le délai qui lui était imparti.

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Les députés israéliens se sont prononcés dans la nuit de mercredi à jeudi à 74 voix contre 45 en faveur d'une dissolution du Parlement, après que le premier ministre sortant Benjamin Netanyahou a échoué à former un gouvernement de coalition dans le délai qui lui était imparti.

Il s'agit d'un bouleversement sans précédent dans l'histoire politique du pays et d'une sévère déconvenue pour Benjamin Netanyahou, qui ambitionnait d'accomplir un cinquième mandat à la tête du gouvernement après la courte victoire de son parti, le Likoud, aux élections législatives du 9 avril dernier.

Un nouveau scrutin aura lieu le 17 septembre prochain.

Benjamin Netanyahou à la Knesset, le 30 mai. © Reuters Benjamin Netanyahou à la Knesset, le 30 mai. © Reuters

Le premier ministre sortant n'a pas été en mesure de trouver une majorité absolue à la Knesset, faute d'être parvenu à s'entendre avec les partis de droite, d'extrême droite et ultraorthodoxes.

Aux origines de cette crise, du moins officiellement, un conflit entre les alliés présumés de Netanyahou, l'ancien ministre de la défense Avigdor Lieberman, laïc d'extrême droite, et les partis juifs ultraorthodoxes autour du service militaire obligatoire. Lieberman s'est prononcé contre une exemption automatique pour les jeunes théologiens.

« C'est juste incroyable. Avigdor Lieberman fait désormais partie de la gauche », a pesté Netanyahou devant les journalistes. « Il est évident qu'il voulait renverser ce gouvernement […] pour rassembler quelques votes en plus », a-t-il poursuivi.

Ce contre-temps électoral pourrait aussi compliquer davantage les efforts des États-Unis pour mettre en place le plan de paix qu'ils préparent pour le Proche et Moyen-Orient. Une équipe de conseillers du président américain Donald Trump, parmi lesquels son gendre Jared Kushner, se trouvent actuellement au Moyen-Orient dans le but de rassembler des soutiens et d'encourager les investissements dans la bande de Gaza. Ils doivent s'entretenir jeudi avec Netanyahou.

Arrivé au pouvoir à la fin des années 1990, le premier ministre sortant, âgé de 69 ans, vise le record de longévité à la tête du gouvernement israélien. Le dernier scrutin, qui faisait figure de référendum sur la personnalité et le bilan du chef de gouvernement sortant, a donné lieu à un coude-à-coude entre le Likoud et la coalition centriste Bleu et blanc de Benny Gantz.

Avant le coup de théâtre à la Knesset, l'attention était focalisée sur les mesures parlementaires envisagées par les alliés de Netanyahou pour garantir à celui-ci l'immunité alors qu'il est sous le coup de plusieurs enquêtes pour corruption. 

Pour comprendre la résilience de cet animal politique et le caractère structurel de l’ancrage à droite de la société israélienne, Mediapart avait réuni en avril les chercheurs Alain Dieckhoff et Joan Deas, ainsi que notre journaliste Thomas Cantaloube. 

© Mediapart

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