Ces artistes contemporains qui exorcisent la Turquie

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Minorités, place des femmes, autoritarisme, nationalisme, pouvoir exorbitant de l'armée, manque de démocratie, fanatismes... autant de points noirs de la Turquie contemporaine auxquels les artistes répondent par des œuvres mordantes et pleines d'ironie. Et qui visent à briser les tabous et apaiser les traumatismes.

Une série de reportages avec portfolios sonores réalisés à Istanbul par Clément Girardot

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«La biennale de cette année (du 12 septembre au 8 novembre 2009) s'affichait contre le capitalisme, l'argent. Et tous les sponsors sont les entreprises les plus riches de la Turquie. Quelle comédie!», s'exclame Levend Binat, directeur des galeries C.A.M. L'organisation de la 11e biennale d'art contemporain d'Istanbul a suscité la polémique dans le landerneau artistique local. La thématique de cette année s'ancrait bien à gauche, dans l'héritage de la pensée de Bertold Brecht dont la citation «What keeps the mankind alive?» fut choisie comme titre de l'événement sponsorisé par le groupe Koç, le plus grand conglomérat industriel de la Turquie. «Les questions devraient plutôt porter sur le système de financement de l'art, répond aux critiques la directrice de la biennale Bige Örer. Le secteur culturel ne reçoit pas beaucoup d'argent public.»