Kerkennah, l’île aux mille passeurs

Par

Au large de Sfax, cette île tunisienne est devenue l’un des principaux pôles de transit pour accéder à la Sicile ou à Lampedusa. Face aux difficultés de la pêche artisanale, les bateaux y ont changé de mains, et d’usage. 

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Kerkennah (Tunisie), envoyée spéciale.– Pour se rendre sur l’île de Kerkennah, au centre-est de la Tunisie, un seul trajet est possible, prendre le bac qui part du port de Sfax, deuxième ville du pays. Il y en a un toutes les deux heures et aucun pendant la nuit. Pourtant, de juin à octobre 2017, des centaines de migrants tunisiens clandestins ont pu gagner Kerkennah sans contrôle. « Ici, vous savez, il y avait des sorties de bateaux clandestins même en plein jour, à midi. Certaines familles sortaient même sur le port assister au spectacle », affirme Nader Fajallad, un poissonnier de 32 ans.