Bamako (mali), envoyé spécial.-  Quand on demande aux Maliens ce qu’ils savent du déroulement du coup d’État du 22 mars 2012, ils racontent tous peu ou prou la même histoire. À savoir : alors que des autonomistes touaregs alliés à des groupes islamistes se sont emparés début 2012 de plusieurs villes du nord du pays, mettant en déroute l’armée, un groupe de jeunes lieutenants décide de manifester son mécontentement contre sa hiérarchie, jugée incompétente, et contre le pouvoir politique, accusé d’avoir longtemps joué double jeu avec les rebelles. Sortis de leur caserne, dans Bamako, les jeunes officiers ne savent pas trop comment procéder. Ils rencontrent alors le capitaine Amadou Haya Sanogo dans un bar, qui leur demande : « Vous avez pensé à marcher sur l’ORTM (radio-télévision publique) ? » Non, ils n’y ont pas songé. Sanogo, qui parle bien le français et l’anglais, leur propose alors, s’ils prennent l’ORTM, de se faire leur porte-parole sur les ondes. Et c’est ce qui se passa…