Néofascisme en Europe: la Croatie entame sa «révolution nationale»

Par et Laurent Geslin et Simon Rico

Réhabilitation des oustachis, mise au pas des médias, attaques contre les minorités… La Croatie s’engage sur la « voie » ouverte par la Hongrie et la Pologne, avec à sa tête une coalition des droites et extrêmes droites. Et l'Europe ne fait rien.

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Croatie, de nos envoyés spéciaux.- « Za dom spremni ! – Prêts pour la patrie ! » Le cri de ralliement du régime oustachi, allié de l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, est (re)devenu banal en Croatie. Il est repris par les groupes de jeunes qui fêtent leur matura, l’équivalent du baccalauréat. Il est tagué sur les murs des villes du pays. Il est scandé dans les stades de football, comme lors d'une rencontre amicale entre la Croatie et Israël, à Osijek le 23 mars dernier, sans aucune condamnation officielle de la présidente Kolinda Grabar-Kitarović, pourtant dans les tribunes. « La majorité des supporters ne savent pas ce que représente ce slogan », explique Dario Brentin, chercheur au Centre d'étude du sud-est de l'Europe de l'université de Graz. « Ce qui est préoccupant, c'est l'absence de réaction des autorités qui encouragent la dérive nationaliste du pays. »