Liban: Michel Aoun, président d'une transition interne

Par Florence Massena

Après deux ans et demi sans chef d’État, le parlement a élu Michel Aoun, grâce au soutien affiché par Saad Hariri, chef du parti politique le Courant du futur et de la majorité au Parlement.

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Beyrouth (Liban), correspondance.– Âgé de 81 ans, le nouveau président libanais, chrétien maronite – au Liban, seul un maronite peut devenir président –, aussi appelé « le Général », est un personnage politique des plus controversés. Il a été chef des armées libanaises de 1984 à 1989 et chef du gouvernement intérimaire libanais du 22 septembre 1988 au 13 octobre 1990. Bien que d'origine modeste, il a rapidement gravi les échelons de l'armée libanaise, devenant chef d'une brigade de défense en 1980 sur la ligne verte qui a séparé les quartiers est et ouest de Beyrouth durant la guerre civile (1975-1990), puis commandant des Forces armées libanaises en 1985. Il a cependant divisé les communautés chrétiennes au Liban en faisant face à la milice chrétienne des Forces libanaises, qui affrontait l'armée afin de reprendre le contrôle sur les ports, tout en se battant contre l'armée syrienne d'occupation dès mars 1989.