Emilio Silva, activiste: «On juge Pinochet en Espagne mais surtout pas les franquistes!»

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Les archéologues ont jeté l'éponge mi-décembre 2009: les fouilles pour retrouver le corps de Federico Garcia Lorca dans les environs de Grenade n'ont rien donné. Le corps du poète andalou, fusillé par les franquistes en 1936, symbole de la féroce répression d'alors, pourrait bien rester enfoui à jamais. Au-delà du cas Lorca, c'est toute la politique mémorielle du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero qui se trouve mise à mal. Pour Emilio Silva, de l'Association pour la récupération de la mémoire historique, les socialistes ne sont pas à la hauteur. L'entretien de Ludovic Lamant avec cet «activiste de la mémoire» est le premier volet de la série de Mediapart, Les carrefours de l'Espagne. (Dessin de Castelo Mart: un fusillé pendant la guerre civile espagnole.)

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Emilio Silva, journaliste, est l'un des fondateurs de l'Association pour la récupération de la mémoire historique. En mars 2000, il identifie la fosse commune où fut jeté en 1936, avec 11 autres républicains, son grand-père, dans les environs de León (nord de l'Espagne). En septembre de la même année, il publie une tribune dans le journal local Cronicas de León, intitulé: «Mon grand-père aussi était un disparu», à une époque où toute l'Espagne débattait des exactions de la dictature Pinochet au Chili (plus de détails sous l'onglet Prolonger). Il est aujourd'hui l'une des figures incontestées du combat pour la mémoire des victimes du franquisme, et ne mâche pas ses mots à l'encontre de la politique mémorielle mise en place par les socialistes au pouvoir. Entretien.