Ironie, fronde, démentis. Aux policiers, Julien Coupat, mis en examen dans l'affaire du sabotage des lignes TGV, a opposé un silence constant – qui en dit long sur son engagement. Face au juge, il s'est montré plus disert. Et ses déclarations, auxquelles Mediapart a eu accès, éclairent l’«affaire Tarnac» sous un jour nouveau. A lire également nos révélations sur les anomalies de l’enquête et la surveillance toute particulière dont Julien Coupat fait l’objet en prison.
Dominique de Villepin a déclaré vendredi 24 avril qu'il souhaitait «très fort» pouvoir être candidat à la présidentielle de 2012. Il se pose, aujourd'hui, comme le porte-drapeau du front anti-Sarkozy qui s'organise à droite. Mais son avenir politique est suspendu au procès de l'affaire Clearstream, dans lequel il sera jugé à partir du 14 septembre.
Alors que les associations voient les demandes d'aide face au surendettement exploser depuis le début de l'année, Christine Lagarde présente, mercredi 22 avril, un projet de loi sur le sujet en conseil des ministres. Le texte est censé responsabiliser les organismes de crédit. En réalité, il leur impose très peu de nouvelles obligations. Si le parlement n'amende pas le projet, les prêteurs pourront continuer d'inciter des personnes déjà acculées par les dettes à contracter de nouveaux crédits. Pour l'association Cresus, «vu le nombre de crédits revolving déjà dans les tuyaux, nous sommes face à une bombe à retardement qui explosera dans trois ou quatre ans».
Deuxième volet de notre enquête: au-delà de la plainte qui a été déposée par Kléber Rossillon, l'un des héritiers de la dynastie Schlumberger, pour faux et usage de faux et qui est à l'origine de la perquisition, le 26 mars, au siège de BNP Paribas, Mediapart révèle de nombreuses autres pièces confidentielles, au cœur de la confrontation judiciaire entre des investisseurs français et leurs banques. Les premiers assurent qu'ils ignoraient que les bulletins de souscription pour la Sicav luxembourgeoise Luxalpha, investie en Madoff, étaient assortis d'une clause de non-responsabilité, et font grief aux seconds de ne pas avoir sollicité leur agrément.Lire aussi la déclaration de Kléber Rossillon à Mediapart: «De faux bulletins de souscription avec photomontage de la signature»
D'après le dossier judiciaire portant sur l'espionnage de Greenpeace, dont Mediapart a pu prendre connaissance, l'organisation écologiste aurait été placée sous surveillance et infiltrée dès 2004, et ce à la demande d'EDF. Ce n'est pas seulement Greenpeace France qui aurait été espionnée mais différentes antennes européennes de l'association. Des témoignages, que nous révélons en exclusivité, semblent indiquer que les intrusions informatiques visant notamment Yannick Jadot auraient été réalisées à «l'instigation» d'EDF. Le directeur de Greenpeace France, Pascal Husting, met en cause le PDG Pierre Gadonneix et demande à son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, d'intervenir.
On savait peu de choses sur la perquisition conduite le 26 mars par la brigade financière au siège de BNP Paribas, sinon qu'elle a pour origine une plainte pour faux et usage de faux déposée par Kléber Rossillon, l'un des héritiers de la dynastie Schlumberger, qui a été victime de l'escroquerie Madoff. Mediapart en révèle, en exclusivité, tous les détails. Selon cet investisseur, certains documents de souscription ont été contrefaits. Nous publions l'un d'eux: assorti d'une fausse signature, il s'agit d'un bulletin de souscription à la Sicav luxembourgeoise Luxalpha, intégralement investie en Madoff. La banque conteste avoir commis la moindre faute. Cet article est le premier volet d'une enquête mettant au jour de nombreux secrets de la confrontation judiciaire qui oppose des investisseurs français grugés à leurs banques.
C'est une des opérations immobilières les plus spectaculaires des trente dernières années. Icade, filiale de la Caisse des dépôts, s'apprête à vendre en un seul bloc près de 35.000 logements sociaux en banlieue parisienne (photo d'un immeuble à Bagneux). Elle en réclame 2,9 milliards d'euros. «Le prix du marché», selon la société, mais un prix qui a augmenté de 120% en trois ans! Une très bonne affaire... sauf pour les offices HLM de la région parisienne, seuls candidats à la reprise, et les actuels locataires.
Plus de 120.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire français sans diplôme. Donc, avec un fort handicap sur le marché de l'emploi, puisqu'en France, le poids de la formation initiale est très important, et les allers-retours entre emploi et formation peu aisés. Pour ces décrocheurs, la seconde chance prend souvent la forme d’un projet professionnel plus ou moins voulu. Rares sont les structures qui leur proposent de reprendre des études plus longues.
Alors que Martin Hirsch doit annoncer mi-avril des mesures d'urgence pour les jeunes, le «grand service public d'orientation» promis en juin 2006 par Jacques Chirac et repris depuis par Nicolas Sarkozy se fait attendre. L'orientation à la française fonctionne encore souvent comme un couperet, par exclusions successives. Illustration au seuil de la troisième: une simple formalité vers le lycée général pour certains, une orientation par défaut vers la voie professionnelle pour les autres.
Premier volet de notre série sur l'orientation et la formation des jeunes.
En Corse comme à Strasbourg, ces derniers jours, de graves dérapages ont été repérés du côté des forces de l'ordre. Malgré les démentis officiels, des vidéos montrent que des interdits policiers – tirs tendus de grenades ou jets de pierre sur des manifestants – ont été transgressés. Alors qu'on est passé tout près de la «bavure» mortelle, le pouvoir doit-il s'enfermer dans le déni ou «tenir» ses troupes?