Mardi 18 août, au soir, les CRS ont évacué le jardin Villemin qui jouxte la gare de l'Est à Paris. Depuis trois ans, une partie de ce square était devenu l'étape des réfugiés afghans qui espéraient rejoindre la Grande-Bretagne via Paris, Calais et la Manche, avec parfois des altercations et même en avril, la mort d'un réfugié poignardé lors d'une bagarre. Soumis au règlement de Dublin II, les dizaines de milliers d'Afghans parcourent, chaque année, l'Europe d'est en ouest en quête d'asile politique, risquent à tout moment d'être renvoyés dans le premier pays de l'Union européenne par lequel ils sont entrés. En chemin, ils ont affaire à des passeurs véreux.
Premières élections européennes avec scrutin de listes régionales. Plus qu'auparavant encore, l'Europe n'est pas le souci de la droite. Et pas plus de la gauche. Alors que l'enjeu serait d'expliquer le projet de constitution européenne, on s'étripe sur la réforme de l'assurance maladie, la liste Dieudonné et le mariage gay. Record d'abstention battu!
Après l'affaire du «déjeuner», celle des «lettres» ? Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, vient de confier à la section criminelle de la police judiciaire des Hauts-de-Seine une enquête aux moyens quasi illimités, avec recours notamment à de coûteux tests ADN. Cela pour identifier l'auteur de deux lettres d'insultes dont le destinataire n'est autre que... Philippe Courroye. La disproportion des moyens d'investigation et les questions éthiques que soulève ce type de pratique de la part d'un procureur suscitent un vif émoi chez plusieurs policiers et magistrats. «Rien de plus normal», se défend M. Courroye.
Dans un document de vingt pages, que révèle Mediapart, le juge d'instruction Thierry Fragnoli détaille par le menu ses convictions dans l'affaire de Tarnac. Entre leçon de droit et argutie juridique, il tente de justifier l'enquête et ses accusations. Sur le terrorisme, sur le trouble à l'ordre public, sur L'Insurrection qui vient. Même s'il le reconnaît lui-même: il est bien difficile de définir le terrorisme.
Alors que l'Otan décide de frapper la Serbie de Milosevic, la droite consacre sa campagne européenne à se déchirer. Bilan: Nicolas Sarkozy se voit contraint de partir au front au côté d'Alain Madelin; François Bayrou peut enfin tester, pour la première fois, le poids de son nom dans un vote national. En cette année là, Cohn-Bendit (photo) repasse le Rhin et le PS, tout occupé à la cohabitation avec Chirac, préfère ménager sa «majorité plurielle»... et le destin de ses présidentiables en vue de 2002.
Le parti d'Olivier Besancenot est en forte concurrence avec le Front de gauche lors de cette campagne européenne. Mais le verdict électoral n'apparaît pas comme une priorité. L'heure semble davantage à la construction des fondements du parti. Apparition d'une tendance minoritaire, définition des relations avec les syndicats, démocratie interne, création d'un club de réflexion... Avec un enjeu central: faire coexister des cultures militantes diverses.
Après une bérézina aux législatives, Michel Rocard prend la tête de liste socialiste pour les européennes. A peine soutenu par les mitterrandiens, il a aussi en face de lui la liste de Jean-Pierre Chevènement et celle de Bernard Tapie, très en cour à l'Elysée. Et pendant ce temps, Edouard Balladur se voit présidentiable et Jacques Chirac l'assure de «son amitié». Quatrième épisode du feuilleton de Mediapart sur les campagnes européennes.
Après le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy sur la psychiatrie en décembre 2008, Mediapart a voulu savoir dans quelles conditions étaient enfermés les malades mentaux considérés comme dangereux pour la société. Ainsi est née la série «La tête dans les murs» de quatre enquêtes publiées cette semaine que vous pouvez retrouver en cliquant sur les titres ci-dessous:Villejuif, enquête sur une folie enfermée à double tourDans l'enfer du pavillon 38Aux «fous dangereux», des droits morcelés ou non-appliquésDes malades «difficiles» que l'enfermement à vie menace
Le milliardaire monégasque Adnan Houdrouge, ex-vice-président de l'AS Monaco, proche du prince Albert, et Zvi Ammar, président du consistoire israélite marseillais, sont dans le collimateur de la justice, qui vient de lancer d'importantes investigations financières susceptibles de les impliquer. Selon nos informations, le parquet de Marseille a ouvert le 8 janvier une information judiciaire pour «abus de bien sociaux, recel d'abus sociaux et blanchiment en bande organisée» en marge de l'affaire Olivier Plançon, un cadre commercial marseillais tué sur un parking, en novembre 2007. [L'image ci-dessus, captée par une caméra de vidéosurveillance, montre les tueurs s'enfuyant en scooter.]
Auteurs d'homicides ou patients «agités», les personnes souffrant de troubles mentaux enfermées dans les unités pour malades difficiles (UMD) ne suscitent pas la compassion. Placées au ban de la société, leurs droits sont ceux des hospitalisés d'office. Mais ils ne sont que rarement mis en œuvre. Témoignage de la mère d'un schizophrène retenu pendant six mois dans l'UMD de Cadillac, en Gironde.