Profitant de la dépendance du Yémen aux hydrocarbures et de la bienveillance des autorités, la multinationale française s’est imposée à partir du milieu des années 1990 comme un acteur majeur dans la transformation et l’exportation de gaz. Alors que le pays veut relancer son activité, Total se retrouve plus que jamais en position de force.
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Au Yémen, un site gazier – dont Total est le principal actionnaire et pour lequel la France a engagé des moyens financiers et humains – a été transformé en caserne par les Émirats arabes unis. Selon un rapport publié jeudi par l’Observatoire des armements et SumOfUs en collaboration avec les Amis de la Terre, il servirait de prison secrète.
Le président turc Erdogan, qui a acheté 460 millions d’euros d’armes à la France depuis 2009, ne pourra plus en importer s’il poursuit son offensive contre les Kurdes. Une menace de Paris dont il n’a tenu aucun compte. Mais l’Arabie saoudite qui en a acheté plus de 11 milliards peut continuer, sans encourir les reproches de la France, à multiplier les crimes de guerre au Yémen…
Après cinq ans de combats au Yémen, le rapport de force entre belligérants demeure ambivalent, non seulement pour ce qui concerne le nom du vainqueur probable de la confrontation armée, mais aussi la responsabilité des puissances extérieures.
L’affaire Khashoggi n’a pas freiné l’Arabie saoudite dans sa répression de la presse. S’étant récemment enfui d’une prison secrète saoudienne au Yémen, un journaliste raconte à Mediapart ses 56 jours de supplices.
Dans la partie compliquée qui se joue ces jours-ci entre Téhéran, Riyad et Washington, la vieille alliance américano-saoudienne subit un test. La stratégie iranienne est dangereuse mais les hésitations américaines révèlent peut-être un monde en train de basculer.
Pour la première fois, des vidéos montrent que des navires vendus par la France à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis participent au blocus maritime du Yémen, touché par la plus grave crise humanitaire du monde. Premier épisode d’une série de révélations sur l’utilisation des armes françaises dans le monde.
Les frappes de drones, samedi 14 septembre, par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, sont une humiliation pour Riyad et le prince héritier Mohammed ben Salmane, principal artisan de la guerre au Yémen. Mais répliquer directement contre Téhéran présente un risque énorme.
En cherchant à s’emparer de la ville d’Aden, transformée en champ de bataille, les séparatistes du Sud ouvrent un second front et disloquent l’alliance contre les houthis. Washington rebat aussi les cartes en annonçant négocier avec les rebelles.
La France a été, en 2018, le troisième exportateur d’armes dans le monde selon un rapport remis au Parlement. Ses principaux clients sont l’Arabie saoudite, qui conduit une sale guerre au Yémen, le Qatar ou l’Égypte du maréchal al-Sissi.