A Alger, «Dans ma tête un rond-point» révèle l'impasse de la jeunesse

Par Tënk & Mediapart

Rien à voir avec le mouvement des « gilets jaunes ». Le rond-point, ici, c’est la métaphore qu’utilise un jeune Algérien pour expliquer qu’il ne sait quelle route choisir pour faire quelque chose de sa vie. Nous sommes dans le huis clos des ouvriers d’un abattoir d’Alger et le réalisateur Hassen Ferhani a choisi en 2015 ce théâtre pour saisir l’ennui, la résignation et l’espérance de tout un peuple.

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« Je suis fatigué moralement, c’est le pays qui veut ça. » Quand tu es jeune, « tu as trois possibilités : te suicider, te remplir la tête et devenir un mort vivant ou prendre la mer. » C'était avant les manifestations de ce printemps en Algérie. Lentement, le documentaire de Hassen Ferhani fait émerger des paroles dans cet atelier où rien ne semble propice au rêve. Ces hommes parlent de foot, d’exil, d’amour, d’envie de révolte, de répression et la normalité de leurs échanges, sous un cadre et une lumière impeccables, semblent dire les prémisses du soulèvement actuel.