Le retour impossible des réfugiés syriens du Liban

Alors que la conférence dite de Genève IV va relancer dans quelques jours les pourparlers sur l'avenir de la Syrie, que pensent les centaines de milliers de réfugiés syriens au Liban du processus diplomatique mis en œuvre après les victoires engrangées par le régime Assad et ses alliés libanais, russes et iraniens ? Envisagent-ils un retour au pays après avoir passé des mois, voire des années dans des tentes de fortune ? Portraits de familles abritées dans la plaine de la Bekaa, au Liban, à quelques encablures de la frontière syrienne, située juste de l’autre côté de la chaîne montagneuse et enneigée de l’Anti-Liban.

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  1. Malaak, dont le prénom signifie « ange », a 18 ans. Elle a donné à son fils âgé d’un an le prénom d’Amjad, ce qui veut dire « les gloires ». Ses parents avaient peur pour elle et l’ont donc mariée, à l’âge de 16 ans, à un ouvrier syrien vivant au Liban. Il est venu se fiancer avec elle à Homs, avant de repartir avec elle jusqu’au camp de la Bekaa où elle vit depuis trois ans. « Je parle tous les jours à mes parents restés en Syrie sur Whatsapp. Ils sont entre la vie et la mort. Ils mangent des feuilles d’arbre et des animaux sauvages pour survivre. Mon père et mon frère n’osent plus sortir de chez eux. Ils risquent de se faire soit arrêter, soit enrôler. » A-t-elle un espoir de retour à la suite de la conférence tenue à Astana entre les forces du régime et de nombreux groupes rebelles, sous le parrainage de la Turquie, de l’Iran et de la Russie ? « Non, absolument pas. On a tellement cru que cette guerre allait prendre fin ; on a tellement espéré qu’elle prenne fin. Mais, à chaque fois, nos espoirs ont été douchés par de nouveaux massacres et de nouveaux bombardements. » La situation militaire, avec les victoires engrangées par les forces supplétives du régime sur les principaux groupes rebelles, peut-elle devenir davantage sécurisée sans être pour autant pacifiée ? « On peut obtenir un accord de paix, juge Malaak, mais on n’obtiendra jamais la sécurité, parce que le régime aura toujours la possibilité de se venger. »

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