Militer autrement. François, ses petites et grandes victoires pour les mal-logés

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Suite de notre série sur les militants qui n'ont pas choisi les partis politiques pour lutter contre un système ou simplement mener une action citoyenne. Aujourd'hui, François Piquemal, 30 ans, professeur d'histoire-géographie en lycée professionnel à Toulouse. Il a décidé cette année de travailler à mi-temps pour militer au sein de l'association Droit au logement. À ses yeux, la classe moyenne en France s'est trop déconnectée des classes populaires et à travers ce combat, il veut prouver aux plus démunis que collectivement « on peut gagner » et « préserver les droits qui existent en France ».

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  1. Toulouse, 18 avril 2016. François Piquemal au siège du Droit au logement (DAL) : « Une des premières injustices dont j’ai été témoin enfant était liée au mal-logement. C’était un SDF qui criait dans la rue et ça m’avait heurté et bouleversé. Dans tout engagement, il y a une part d’intime. »

  2. Toulouse, 18 avril 2016, au siège du DAL. Pour François Piquemal, il est important de ne pas faire « des luttes juste pour des idées. Ça ne suffit pas, il faut aussi la gagne et il faut mettre tous les moyens pour cela ».

  3. Edwige Delachenal, 30 ans, le 19 avril 2016. Après plusieurs années dans la rue, elle réside désormais dans un studio vétuste du centre de Toulouse, avec, en prime, cafards et souris, et où, du mercredi au dimanche, elle ne parvient pas à fermer l’œil de la nuit car l’appartement est juste en face d’une grosse boîte de nuit toulousaine. De plus, il y a quelques mois, elle a traversé le plancher du hall d’entrée, faisant une chute de 2,10 mètres en tombant dans la cave. Elle souhaiterait déménager pour un logement social de 2 ou 3 pièces.

  4. Sonia Ben Ahmed, 31 ans, le 20 avril 2016. Mère de quatre enfants dont trois à charge et bénéficiaire du RSA, elle est sous avis d’expulsion et ne sait pas où aller. Depuis plus de trois ans, elle demande un logement social mais n’a reçu aucune proposition.

  5. Toulouse, 18 avril 2016. Sonia Ben Ahmed lors de la réunion des mal-logés. 

  6. Toulouse, 19 avril 2016. Droit au logement manifeste devant le conseil général de Haute-Garonne en soutien à des mineurs étrangers isolés qui veulent se regrouper dans un foyer.

  7. Toulouse, 19 avril 2016. Devant le conseil général de Haute-Garonne.

  8. Toulouse, 19 avril 2016. Manifestation de mineurs étrangers isolés devant le conseil général de Haute-Garonne. « Les droits au logement en France sont très favorables aux mal-logés et aux sans-abri, mais ils ne sont pas appliqués, rappelle François Piquemal. Du coup, devant les tribunaux, ça se gagne en permanence. Ces droits sont le fruit de luttes sociales importantes et se battre, c’est aussi défendre ce que les anciens ont obtenu. »

  9. 19 avril 2016, manifestation devant le conseil général de Haute-Garonne. Les combats de François Piquemal ne se limitent pas au droit au logement : « Rien ne justifie qu’une personne gagne un salaire cinq fois plus élevé qu’une autre. Il ne faut pas l’accepter, il faut s’offusquer, se révolter. Il faut être offensif sur cette question, il faut leur dire que l’on va leur prendre leur argent, oui, notre but, c’est de prendre votre argent pour le partager entre nous. »

  10. Toulouse, 20 avril 2016. François Piquemal cite Gramsci : « Pessimisme de la pensée, optimisme de l’action… Pour beaucoup de raisons, on peut être aujourd’hui pessimiste en France. Ça n’empêche pas d’avoir l’espoir pour plein de choses et penser que ça va se décanter. »

  11. Toulouse, 18 avril 2016, au siège du DAL.

    • Retrouvez ici nos précédents portraits de militants pour le climat, l'agriculture, les droits sociaux…


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