Sourd à la censure de son gouvernement précédent, Emmanuel Macron a renommé une équipe quasi identique et rappelé Bruno Le Maire. Au-delà même d’une chute qui semble inéluctable, la crise politique prend une dimension nouvelle. Déjà, Bruno Retailleau et LR menacent de claquer la porte.
Pour éviter une chute inéluctable, le premier ministre a annoncé qu’il renonçait à l’usage de l’article 49-3. Une première pour un gouvernement minoritaire et une manière habile de gagner quelques semaines. Les réactions perplexes des oppositions l’ont toutefois confirmé : la censure guette toujours.
Sébastien Lecornu devrait annoncer d’ici à mardi la composition de son gouvernement. En attendant, l’équipe de François Bayrou est encore en place, ne se contentant pas toujours d’expédier les affaires courantes. Une pente glissante du point de vue démocratique.
À la veille d’une mobilisation sociale surveillée de près, Sébastien Lecornu a reçu les dirigeants du PS sans rien leur dévoiler de ses intentions. Dans le camp présidentiel, l’urgence d’un accord avec les socialistes fait désormais l’unanimité. Mais jusqu’où céder ?
Décrit par ses amis comme un virtuose de la combinaison politique, le nouveau premier ministre a quelques boulets au pied : sa gestion du dossier calédonien, une enquête judiciaire le visant, la bascule de son département à l’extrême droite… Tandis que ses convictions sont peu connues.
Insensible à la colère sociale tout autant qu’aux résultats des élections législatives anticipées, Emmanuel Macron précipite une crise de régime, adossée à une crise économique, qui ouvre la voie, si rien n’est fait pour l’en empêcher, à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
Décidé à garder le pouvoir malgré l’absence de majorité, Emmanuel Macron a pioché dans son premier cercle pour remplacer François Bayrou. En nommant le ministre des armées sortant, il choisit de propulser une figure appréciée par Marine Le Pen pour mieux assurer sa survie politique.
À la veille de la chute attendue du premier ministre, le camp présidentiel a l’esprit rivé sur le lendemain : qui pourra retenter l’expérience d’un gouvernement minoritaire et durer quelques mois de plus ? Le destin du leader centriste ne serait qu’un dommage collatéral de l’air du temps.
À cinq jours de la chute annoncée du gouvernement, la pression monte pour que soient convoquées des élections anticipées. Une option balayée – pour l’instant – par Emmanuel Macron, persuadé qu’une troisième tentative de coalition peut emporter l’adhésion du Parti socialiste.
Depuis sa nomination fin décembre 2024, le gouvernement de François Bayrou a certes buté sur son absence de majorité, mais a tout de même appliqué une feuille de route libérale et conservatrice. Retour sur un semestre marqué par les reculs environnementaux et la validation du discours anti-immigration de LR.
Les soutiens de l’exécutif, rassemblés en Saône-et-Loire à l’invitation de Jean-Michel Blanquer, ont profité de l’occasion pour exhorter les « partis de gouvernement » au compromis et aux concessions. Au nom de l’intérêt supérieur du pays, ils estiment qu’il faut aider le premier ministre à faire passer son budget.
Le chef de l’État estime qu’un compromis sur le budget n’est « pas insurmontable » d’ici au vote de confiance du 8 septembre. « Il doit y avoir au moins des chemins d’accord sur le constat » concernant « l’endettement du pays », a-t-il également déclaré.
L’université d’été du think tank de l’ancien ministre a été l’occasion de rassembler politiques du camp gouvernemental et éditorialistes, militant « pour la République » mais surtout contre la gauche et le voile.
Le premier ministre a engagé pendant l’été des travaux de rénovation pour son bureau à Pau. Montant de la facture : 40 000 euros, selon les informations de Mediapart. Une dépense politiquement inflammable en plein plan d’austérité et dans une commune où la dette a explosé depuis qu’elle est dirigée par le Béarnais.
La missive adressée par le président à son premier ministre, dans laquelle il réclame « plus de fermeté et de détermination » face à Alger, est perçue comme une interférence malvenue d’enjeux de politique intérieure sur un dossier diplomatique sensible.
Les critiques, nombreuses, n’ont rien changé à la conviction du premier ministre : à ses yeux, son plan d’économies est d’une ampleur historique. Reste à trouver une majorité, ce qui n’est pas une mince affaire au regard de la casse sociale annoncée. Les grandes manœuvres commencent.