« Il faut un débat public approfondi et beaucoup plus large que ça », incluant d’autres sujets « qui fermentent depuis des années » autour des notions d’identité et de citoyenneté, a déclaré le premier ministre sur RMC.
Le premier ministre a dénoncé, lundi sur LCI, le « sentiment de submersion » généré par l’immigration. Le propos, qu’il a assumé mardi, raconte la dérive morale d’un pouvoir à la roue de l’extrême droite. Et pose la question de la censure par la gauche socialiste.
Le groupe d’Olivier Ginon, proche d’Emmanuel Macron, a été retenu par l’État pour gérer le Stade de France. Mais d’après des documents consultés par Mediapart, GL Events a crédibilisé son offre en y intégrant un partenaire… qui dit ne plus lui être associé.
En proposant une coupe supplémentaire dans le budget du ministère des sports, l’exécutif s’est attiré les foudres des athlètes et des fédérations. L’amendement a été refusé par le Sénat mais le débat n’est pas clos, entre pressions de Bercy et hésitations de Matignon… Emmanuel Macron souhaite même s’en mêler.
À l’automne dernier, François Bayrou a fait pression sur Michel Barnier, alors premier ministre, pour qu’Air France maintienne la déficitaire liaison Pau-Orly. En échange, la compagnie a exigé que le plan de réduction des nuisances nocturnes d’Orly soit le moins restrictif possible.
La déclaration de politique générale du premier ministre n’a rien résolu de l’ornière politique du moment. Toujours minoritaire, l’exécutif a refusé d’offrir au PS la suspension de la réforme des retraites qu’il réclamait. Au risque de dépendre, comme Michel Barnier avant lui, du bon vouloir de l’extrême droite.
Lors de son discours de politique générale, le premier ministre a pratiquement fait l’impasse sur les questions écologiques sur lesquelles il semble avoir aussi peu d’idées que de convictions.
À la veille de la déclaration de politique générale du premier ministre, le Parti socialiste pense pouvoir obtenir une suspension de la réforme des retraites en échange d’une non-censure du gouvernement. Emmanuel Macron et François Bayrou entretiennent le flou quant à leurs intentions.
Afin de pouvoir disserter de façon informée lors des repas de fêtes sur le nouveau gouvernement annoncé par François Bayrou au pied du sapin, Mediapart a compilé ses enquêtes sur les ministres déjà croisés dans nos colonnes.
Le premier ministre a conservé la moitié du gouvernement Barnier, pourtant censuré. Le reste est essentiellement constitué de revenants des trois derniers quinquennats, à l’image de Manuel Valls nommé aux outre-mer. Un exécutif toujours minoritaire et soumis au bon vouloir du RN, qui a déjà obtenu la tête de Xavier Bertrand.
Après une première semaine chaotique, le nouveau premier ministre n’est toujours pas en mesure de présenter un gouvernement. Même s’il y arrive « avant Noël », le centriste n’aura rien réglé de son principal problème : la motion de censure qui se profile début 2025 et qui pourrait, déjà, le faire démissionner.
Malgré la censure de Michel Barnier, Emmanuel Macron n’entend pas changer de cap ni d’alliances politiques. Après moult hésitations, il a chargé François Bayrou de former un gouvernement qui puisse durer jusqu’à l’été, en espérant la bienveillance d’une partie de la gauche.
Le chef de l’État a réuni mardi les partis politiques. Il a vu avec intérêt le PS formuler la proposition suivante : pas de censure contre l’engagement de ne pas utiliser le 49-3. Une issue qui lui offrirait une sortie de crise tout en lui évitant de faire la moindre concession politique.
Croyant parachever la reconstruction d’une cathédrale sinistrée qui lui devrait la vie, Emmanuel Macron, tout feu tout flamme à la télévision, parut mener à terme son entreprise d’achèvement de la démocratie. Retour sur une soirée cathodique affligeante.
La motion de censure qui a renversé le gouvernement, mercredi 4 décembre, n’a pas décidé le président de la République à changer de cap. Au contraire : il cherche désormais parmi ses plus fidèles soutiens une solution pour tenir jusqu’à l’été.
Alors que Michel Barnier est sous la menace d’un renversement, Emmanuel Macron est plus seul que jamais. Le sociologue Marc Joly analyse cette déréliction à l’aune de la personnalité du président de la République, dont le seul objectif est de rester au centre du jeu, quel qu’en soit le prix à payer.