Le gouvernement a profité d’un conseil des ministres exceptionnel consacré au coronavirus, samedi 29 février, pour dégainer l’« arme nucléaire » du 49-3. En adoptant à la va-vite et sans vote sa réforme des retraites, le pouvoir espère passer rapidement à autre chose. Mais c’est surtout sa fin qu’il précipite.
Après un mois de mobilisation, le gouvernement a repris mardi les discussions avec les responsables syndicaux. Chacun campe sur ses positions, mais l’exécutif affiche sa confiance. Le compromis n’a jamais été « aussi proche », prédisent même certains ministres. Une nouvelle réunion consacrée à la seule question du financement est prévue vendredi matin.
En ce début d’année, on a coutume de faire le bilan de l’année écoulée et de se souhaiter le meilleur pour l’année à venir. Commentateurs professionnels et scrupuleux, Usul et Cotentin ont scruté les vœux présidentiels avec l’acuité qui les caractérise.
Au 27e jour de la grève contre sa réforme des retraites, le président de la République a livré mardi 31 décembre des vœux convenus. Toujours aussi sûr de son fait, il s’est contenté de répéter qu’il mènerait son projet « à son terme », malgré les colères sociales. Et critiqué ceux qui ne veulent pas bouger, sans proposer d’avancées.
À force d’attendre de voir ce que le mouvement social lui réservait, l’exécutif s’est piégé tout seul. Il doit désormais arbitrer tous les points complexes de sa réforme des retraites en quelques jours, et se raccroche à tout ce qu’il peut pour tenter de la sauver. À l’heure où le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, se retrouve fragilisé par un « oubli » dans sa déclaration d’intérêts.
Un pays « trop négatif sur lui-même », des « Gaulois réfractaires au changement », un manque de « pédagogie », des situations bien pires ailleurs qu’en France… Depuis le début du quinquennat, le président de la République trouve toujours de bonnes raisons aux colères qui s’expriment. Mais elles le concernent rarement.
Le premier ministre Édouard Philippe a annoncé plusieurs mesures pour répondre à l’urgence sociale, sécuritaire et sanitaire qui mine le département le plus pauvre de France, après l’échec cuisant du rapport Borloo.
En accordant un entretien au journal d’extrême droite Valeurs actuelles, Emmanuel Macron alimente à son tour un débat qui sature l’espace public depuis des semaines. Et occulte les sujets qui préoccupent vraiment le gouvernement, à commencer par le mouvement social contre le projet de réforme des retraites.
Plusieurs ministres, dont le premier d’entre eux, ont lancé lundi un débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale. Leurs discours respectifs ont démontré à quel point le gouvernement peine à sortir par le haut d’une discussion dont personne, à part Emmanuel Macron, ne voulait vraiment.
Alors que les députés vont débattre de l’immigration, nos dirigeants restent prisonniers d’une version classique de la pensée républicaine. Et ignorent un rameau plus critique, attaché à une citoyenneté de la « non-domination ».
Pour contrer l’extrême droite, le chef de l’État entend replacer l’immigration au cœur du débat public. Non content de recycler la stratégie politique de Nicolas Sarkozy, il réutilise également sa rhétorique, opposant le prétendu aveuglement des « bourgeois » aux « réalités » des classes populaires.
Après une rentrée catastrophique en 2018, Emmanuel Macron a attaqué celle de 2019 en se plaçant au centre du jeu international. L’exercice du G7 de Biarritz a été unanimement salué par la presse française, qui a présenté cette séquence comme un « succès ». Sur le fond des dossiers, pourtant, rien n’a changé.
Cerné par les révélations de Mediapart, le ministre de l’écologie d’Emmanuel Macron a démissionné. Professionnel de la politique, il est plusieurs fois revenu sur ses engagements au nom d’une écologie « pragmatique et responsable », à l’opposé de la prétendue « lecture marxiste » de son ancien parti, Europe Écologie-Les Verts.
Pour le dernier épisode de la saison, prenons le temps de faire un bilan non exhaustif de ce que notre président a fait de pire et de nous poser cette question idiote, mais qui appelle des réponses qui tâcheront de l’être un peu moins.
Parmi les collaborateurs de l’Élysée ayant fini par « régulariser » leur situation en remplissant leur déclaration d’intérêts et de patrimoine, seul Alexandre Benalla est aujourd’hui poursuivi par la justice pour « non-accomplissement d’obligations déclaratives ». Dans les cabinets ministériels, contraints à des effectifs réduits, certains contournent encore les règles de transparence. Et passent sous les radars.
Environnement, social, économie, international… Mediapart a établi un comparatif thématique et interactif des deux discours de politique générale prononcés par le premier ministre devant les députés.