Édouard Philippe a prononcé mercredi son deuxième discours de politique générale devant les députés. Après la crise des « gilets jaunes », l’exécutif avait promis un « acte II » du quinquennat. Le premier ministre a surtout confirmé qu’il s’agira d’une répétition de l’acte I, même si la PMA pour toutes, la réforme des retraites et une baisse des impôts sont annoncées.
Peu considéré dans la majorité et jusque dans les rangs du gouvernement, le ministre de l’intérieur assume, depuis le début, la répression du mouvement des « gilets jaunes ». Ce faisant, il applique surtout ce que les syndicats policiers lui demandent, et incarne le virage sécuritaire d’Emmanuel Macron.
Lors de sa première conférence de presse à l’Élysée ce jeudi 25 avril, Emmanuel Macron a assuré que les cinq mois de crise sociale l’avaient « changé ». Mais dans le fond, il a confirmé l’essentiel de sa politique passée, refusant toute avancée institutionnelle majeure et annonçant des baisses d’impôts dans le seul but de poursuivre tranquillement sa « transformation » du pays.
Pendant une semaine, le président de la République a tout mis entre parenthèses pour se consacrer au seul sujet de Notre-Dame de Paris. Renvoyant la crise sociale à « la politique et ses tumultes », il s’est appuyé sur l’émotion collective pour tenter de recréer du liant autour d’un « idéal » qui nous dépasserait tous.
L’incendie de Notre-Dame de Paris a contraint le président de la République à remettre ses annonces de sortie du « grand débat » à plus tard. Solennité ou opportunisme ? Avec Ellen Salvi et Manuel Jardinaud, journalistes à Mediapart.
L’incendie de Notre-Dame de Paris a bousculé l’agenda du président de la République, contraint de remettre ses annonces de sortie du « grand débat » à plus tard. Entretemps, plusieurs mesures ont fuité dans la presse, brisant le seul intérêt politique de l’exercice : la surprise. Emmanuel Macron a parlé ce mardi soir. Mais de la cathédrale seulement.
Depuis quelques mois, le président de la République et ses proches diffusent de fausses informations à la pelle, en toute connaissance de cause, alors même qu’Emmanuel Macron prétend simultanément pourfendre les « fake news ».
Emmanuel Macron a achevé son « grand débat » à Cozzano, jeudi 4 avril, sans rencontrer les dirigeants nationalistes qui ont boycotté le rendez-vous. Depuis le début du quinquennat, la situation reste bloquée. Impossible d’avancer sans avoir au préalable purgé l’ensemble des non-dits entre l’État et la Corse, mais aussi entre les Corses eux-mêmes.
Loin de profiter du remaniement pour élargir son spectre, Emmanuel Macron a finalement pioché dans un vivier extrêmement resserré, en nommant au gouvernement deux de ses conseillers à l’Élysée et une députée de sa majorité. Les symboles sont respectés, mais le problème politique reste entier.
Le président a reçu, lundi 18 mars, une soixantaine d’« intellectuels » à l’Élysée. L’occasion de s’écouter palabrer des heures durant, face à une étrange cour de personnalités plus ou moins acquises à sa cause.
Après deux mois de « grand débat » et un nouveau samedi de manifestations marqué par des scènes de violences à Paris, l’exécutif a dégainé de nouvelles mesures destinées à durcir le maintien de l’ordre. Sur le plan politique, toujours rien. Emmanuel Macron se refuse à utiliser les leviers démocratiques que lui offrent les institutions de la Ve République.
Pensé comme « un moment d’apaisement » en pleine crise des gilets jaunes, le « grand débat » risque de se retourner contre l’exécutif si les réponses apportées s’avèrent décevantes. Déjà, le pouvoir prévient : elles le seront forcément. Emmanuel Macron veut sauver ses réformes. Et pour ce faire, il est prêt à installer le débat permanent.
Peut-on exercer d’importantes fonctions à l’Élysée tout en assurant la présidence d’une agence de Paris « en lien étroit » avec de grandes entreprises ? C’est la question à laquelle doit répondre la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui vérifie si la situation de Philippe Grangeon, conseiller spécial d’Emmanuel Macron, peut présenter un risque de conflit d’intérêts.
Dans son rapport sur l’affaire Benalla, le Sénat pointe des « dysfonctionnements majeurs » au plus haut niveau de l’État, mettant en cause les plus proches collaborateurs d’Emmanuel Macron. Certains membres du gouvernement et de la majorité tentent de discréditer ces travaux. La Macronie est sévère car elle est touchée en son cœur.
L’un des plus proches et des plus influents conseillers d’Emmanuel Macron a annoncé qu’il quitterait l’Élysée dans quelques semaines. Rattrapé par l’affaire Benalla, Ismaël Emelien vient allonger la longue liste des départs qui n’en finissent plus d’affaiblir le pouvoir. Sa démission est loin d’être anodine.
Un collaborateur de la présidence utilisant son statut pour faire affaire avec un milliardaire proche de Vladimir Poutine : l’information a de quoi inquiéter un pouvoir qui craint les « manipulations » de la « russosphère ». Mais l’implication de Benalla dans le contrat russe signé lorsqu’il était encore à l’Élysée ne fait officiellement réagir personne en Macronie.