Affaires Benalla et Kohler, démissions « surprises » ou annoncées de poids lourds du gouvernement, critiques publiques et dysfonctionnements à tous les étages... Emmanuel Macron est plus affaibli que jamais. L’inquiétude gagne son entourage, où rares sont ceux à nier les évidences : il y a un problème et il concerne le président de la République lui-même.
Le président de la République a reconnu ce jeudi 13 septembre la responsabilité de l’État français dans l’assassinat du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, en juin 1957 à Alger. À travers lui, il dénonce plus largement, dans une déclaration historique, le système de torture légalement institué en Algérie par la France de l’époque.
Les ministres Nicolas Hulot et Laura Flessel ont été remplacés, mardi 4 septembre, par François de Rugy et Roxana Maracineanu. Un remaniement a minima qui prouve surtout à quel point le président de la République manque de forces politiques pour l’épauler.
La démission de Nicolas Hulot n’a pas seulement provoqué une crise politique majeure pour Emmanuel Macron, elle a aussi levé le voile sur une fonction inconciliable avec les politiques de croissance industrielle et de libéralisation économique, comme en témoignent ceux qui l’ont occupée auparavant. Quel que soit le profil du remplaçant, « c’est tout le système qu’il faut repenser », estiment plusieurs d’entre eux.
Affaibli par l’affaire Benalla, Emmanuel Macron pensait profiter de la rentrée pour reprendre la main. Mais entre une croissance revue à la baisse et un ministre symbole démissionnaire, il apparaît dépassé.
Emmanuel Macron, révèle l’affaire Benalla, vit dans l’illusion de la toute-puissance infantile. Ce président n’admet aucune limite à l’exercice de ses pouvoirs ni à l’expression de ses désirs. Tableau clinique, politique et littéraire.
Nombre de ceux qui ont participé à la campagne d’Emmanuel Macron constituent aujourd’hui encore sa garde rapprochée à l’Élysée. La conquête du pouvoir et la confiance aveugle que le président leur accorde en a déconnecté plus d’un. Malgré l’affaire Benalla, beaucoup peinent à se raccorder à la réalité.
Le chef de l’État veut dialoguer avec les parlementaires, un droit jusqu’ici dévolu au premier ministre. Alors que l’Assemblée attaque l’examen du projet de loi constitutionnelle, beaucoup s’inquiètent du présidentialisme exacerbé d’Emmanuel Macron.
L’inertie de la France sur le dossier de l’Aquarius a « profondément choqué » certains soutiens d’Emmanuel Macron, y compris parmi ses plus proches. Nombre de voix s’élèvent pour rappeler le président de la République à ses discours de campagne.
Après s'être retranché dans un silence assourdissant, l'exécutif a défendu son refus de voir l’Aquarius débarquer en France, pour ne pas créer de « précédent ». Plusieurs députés LREM sont consternés, les gauches sont vent debout. LR et le RN soutiennent le choix des Italiens.
Des ordonnances à la loi Elan sur le logement, Emmanuel Macron n’a pas dévié de sa ligne, qui s’inscrit franchement à droite. Même sur les questions de société, il a déçu une partie de ses soutiens venus de la social-démocratie.
Le 22 mai, lors d'une intervention tenant plus du stand-up que du discours, le président de la République s'est enfin exprimé sur sa politique en direction des quartiers prioritaires. Bilan : quelques initiatives nouvelles, beaucoup de recyclage et un appel à la responsabilité.
Fidèle de la première heure du président de la République, l’ancien maire de Lyon occupe une place toute particulière dans le dispositif gouvernemental. Celle de bouclier du président, notamment sur les questions migratoires, où il incarne à lui seul le reniement des engagements de campagne.
La dernière sortie du président de la République sur les défenseurs des APL et l’héroïsme d’Arnaud Beltrame reflète la stratégie de l’Élysée : imposer ses réformes au pas de charge et mépriser les colères, tant Emmanuel Macron est persuadé que le temps finira par lui donner raison.
Depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, certains poussent très loin le concept du « en même temps ». Pendant quelques mois et pour près de 25 000 euros, Mathieu Souquière conseille la ministre des transports, Élisabeth Borne, dans sa « gestion de crise » sur la SNCF. Parallèlement, il est invité comme spécialiste de la communication sur des plateaux télévisés, où il critique vertement… la communication du gouvernement.
Emmanuel Macron pousse à son paroxysme la logique de la monarchie républicaine, en tirant tous les leviers que la Ve République lui confère. Sans cacher une certaine autosatisfaction, il dit « assumer totalement la “verticalité” du pouvoir », quitte à renier la culture du débat prônée durant la présidentielle.