« J’ai fait en 2017… Je ferai en 2018. » Le président de la République a présenté hier soir ses premiers vœux. Il y a un an, personne ne l’imaginait à l’Élysée. Et cet été, nul ne le voyait en position solide. Or il est là, et son assise paraît stabilisée. Il aurait tort, pourtant, de pavoiser trop vite.
Emmanuel Macron a finalement livré des vœux présidentiels dans la pure tradition de ses prédécesseurs. Sur le fond, le chef de l’État n’a fait aucune annonce et s’est contenté de s’auto-décerner un satisfecit qui tranche avec la réalité sociale.
Édouard Philippe a été nommé premier ministre le 15 mai 2017. Durant 2 h 30, mercredi 22 novembre 2017, la rédaction de Mediapart l'a interrogé sur les violences sexuelles, la politique d'accueil des migrants, la lutte contre l'optimisation fiscale, les priorités du budget 2018 et les réformes sociales, le nucléaire… Un débat animé par Edwy Plenel et Ellen Salvi.
Édouard Philippe a été nommé premier ministre il y a six mois. Lors de ces deux heures d’émission (20h30-22h30), la rédaction de Mediapart l’interrogera sur les politiques engagées, sur le budget 2018 qui est en voie d’adoption au Parlement, sur les réformes sociales à venir. Notre émission « En direct de Mediapart » est en accès libre, diffusée sur notre site, sur Youtube et Facebook.
Manuel Valls multiplie les interventions médiatiques dans le but de s’imposer sur le sujet, avec le soutien de bon nombre de militants qui s’activent en coulisses et sur les réseaux sociaux. Mais sa conception de la laïcité reste très différente de celle du président de la République, qui entend continuer à s’inscrire « dans la droite ligne de la loi 1905 ».
Cinq ans après la reconnaissance officielle par François Hollande de la répression de la manifestation pacifique d’Algériens à Paris, le 17 octobre 1961, Emmanuel Macron, qui avait promis des « actes forts » durant sa campagne, n’a pas profité de cette date pour réaffirmer la position de la France.
Tout occupé à faire éclater les clivages partisans, Emmanuel Macron semble avoir oublié que, dans l’expression « et de droite et de gauche », figure le mot « gauche ». Le gouvernement veut corriger le tir.
Après les « illettrées », les « fainéants » et « les gens qui ne sont rien », le président suscite la polémique en s’en prenant à ceux qui « foutent le bordel ». Malgré les exégèses de l’Élysée, ses « petites phrases » façonnent une image dont il aura du mal à se départir.
Concentré sur l’exécution de la feuille de route du président de la République, Édouard Philippe ne se risque pas à emprunter des chemins de traverse. En remplissant sa fonction à la lettre, telle que définie par la Constitution, le premier ministre s’épargne des tensions avec Emmanuel Macron. Mais le chef de l’État se prive ainsi d’un pare-feu politique.
Trois semaines après son discours d'Athènes, le président français a longuement détaillé mardi ses propositions pour relancer le projet européen. Il plaide pour davantage d'intégration. Mais son projet pourrait se heurter très vite à l'opposition du gouvernement allemand.
Malgré la promesse de nouvelles mobilisations, le président de la République est désormais convaincu d’avoir gagné la bataille des ordonnances réformant le code du travail. Ces dernières signées, le gouvernement assure rester à l’écoute des partenaires sociaux pour la suite des décrets d’application. Mais d’une oreille seulement.
Dans un entretien-fleuve au Point, le président développe plusieurs des réformes à venir. APL, assurance chômage, université… Toutes les antiennes de la droite y sont réunies. Mais aucun marqueur de gauche n’y figure.
Après les polémiques estivales, le président a réuni les ministres, lundi, lors d’un séminaire qui s’est transformé en cours de communication politique. Le chef de l’État entend les sortir de l’anonymat. Et se créer des pare-feux avant les mobilisations de septembre.
Emmanuel Macron a déposé plainte contre un photographe de presse pour « harcèlement » et « atteinte à la vie privée ». Outre le déséquilibre des forces entre un président de la République, intouchable pénalement, et un paparazzi, le chef de l’État semble surtout désireux de verrouiller le contrôle de son image.
L'image de la ministre du travail est à nouveau dégradée par la révélation d'une plus-value de plus d'un million d'euros grâce à la vente de ses stock-options en 2013, quand elle était DRH de Danone.
En effectif réduit, les cabinets ministériels travaillent désormais en étroite relation avec une administration qu’Emmanuel Macron entend façonner à sa main. Parité, diversité, cursus, parcours politique et professionnel… Malgré les promesses de renouvellement, les personnages de l’ombre du gouvernement ressemblent à tous ceux qui les ont précédés.