Le gouvernement va engager sa responsabilité pour adopter le budget 2026 sans vote de l’Assemblée nationale. Trois mois après avoir promis d’y renoncer, le premier ministre dégaine le 49-3 grâce à un accord de non-censure scellé avec le Parti socialiste. Qui avait lui-même fait de son abandon une condition de sa bienveillance…
Après avoir bafoué les principes du droit international au sujet du Venezuela, Emmanuel Macron entame une fin de mandat sous le signe du pourrissement. Au niveau national, le débat sur le budget s’oriente vers un 49-3 et la crise agricole perdure, à quelques jours d’une possible signature du Mercosur.
Le chef de l’État a tenté de se montrer en première ligne, mercredi 31 décembre, lors de ses vœux pour 2026. « Cette année sera utile », a-t-il promis. En France comme à l’étranger, ses marges de manœuvre se réduisent pourtant aussi vite que la fin du quinquennat approche.
La crise sanitaire de la filière bovine place l’exécutif sous le feu des critiques : impréparation, insincérité, brutalité policière… La signature du traité UE-Mercosur, prévue pour samedi, donne déjà des sueurs froides au gouvernement, qui craint plus que tout une conjonction des colères.
Un service national « purement militaire » verra le jour à l’été 2026 pour les jeunes majeurs volontaires. Le président de la République a trouvé la ligne directrice de sa fin de mandat : la préparation du pays à la guerre. Une manière de redevenir audible sur la scène intérieure, espère-t-on à l’Élysée.
Le premier ministre a recueilli les applaudissements du Parti socialiste en annonçant, lors de sa déclaration de politique générale, que la réforme tant décriée serait suspendue jusqu’à la présidentielle. À l’Assemblée nationale, le soulagement l’a emporté du PS à la droite Les Républicains : la voie de la non-censure est désormais ouverte.
Menacé de censure, Sébastien Lecornu, qui prononce mardi son discours de politique générale, croit en ses chances de tenir. Après des semaines de négociations, le premier ministre a réussi à obtenir la bienveillance de la CFDT et de l’aile sociale-démocrate du PS. De là à convaincre tout le groupe socialiste ?
Le président de la République estime que les forces politiques qui n’acceptent pas ses choix « sont les seules responsables du désordre ». Incapable de la moindre remise en question, il continue d’asséner ses leçons dans l’espoir de se dédouaner du pire en préparation.
Plusieurs personnalités ont fait leur entrée dans la nouvelle équipe ministérielle dévoilée dimanche 12 octobre, avec comme dénominateur commun leur fidélité au président de la République. Plusieurs ministres, dont Sébastien Lecornu, sont notamment visés par des procédures judiciaires.
Une semaine après une première tentative avortée, Emmanuel Macron a nommé une équipe où ses soutiens ont une fois encore la part belle. Bruno Retailleau et Manuel Valls quittent le gouvernement, Rachida Dati et Gérald Darmanin restent, quelques hauts fonctionnaires et patrons font leur entrée. Mais pour combien de temps ?
La reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon, cinq jours après sa démission, est stupéfiante parce qu’insensée. Le président de la République a définitivement renoncé à aligner ses décisions sur les aspirations populaires. Seule compte à présent la conservation du pouvoir.
Peu après 22 heures, l’Élysée a annoncé dans un communiqué la reconduction du premier ministre démissionnaire, à qui le président « donne carte blanche ». Celui-ci a « accepté – par devoir – la mission qui [lui] est confiée ».
Les appels à la démission du président de la République se multiplient et sont désormais exprimés par certains de ses alliés politiques. Depuis un an, rares sont ceux, au sein du camp présidentiel, à savoir expliquer les choix du chef de l’État. Encore plus rares sont ceux à échanger avec lui pour tenter de les comprendre.
Le patron de LR a assuré qu’une alternative à la dissolution est possible, en reprenant les obsessions de l’extrême droite. Le RN continue quant à lui de réclamer la démission du président de la République. Et assure qu’il censurera tout nouveau gouvernement.
Quelques heures après la démission du gouvernement, le président de la République a accordé à Sébastien Lecornu deux jours supplémentaires pour mener d’« ultimes négociations » avec la droite et offrir un nouveau sursis à l’exécutif. Déjà, la dissolution de l’Assemblée nationale est dans tous les esprits.
Quatorze heures après l’annonce de la composition de son gouvernement, immédiatement critiqué et menacé d’implosion, le premier ministre Sébastien Lecornu a présenté lundi matin sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée.