Mediapart a retrouvé l’origine du « cap » élyséen exprimé jeudi soir sur France 2. Ce fameux « hollandisme » était déjà tout entier contenu dans un ouvrage de Max Gallo publié en 1984, « discuté et enrichi » par le jeune énarque François Hollande. Retour vers le futur, où l'on voit déjà érigé le « bricolage pragmatique » en référence de gouvernement.
Après avoir soutenu durant des semaines Jérôme Cahuzac, le ministre de l'économie Pierre Moscovici s'en démarque désormais plus ou moins subtilement. Au risque d'être mis face à ses précédents propos. Les journalistes ont aussi retrouvé des sources mettant en cause l'ex-ministre du budget.
Jamais depuis son élection, le président de la République ne s’était exprimé sur l’attitude qu’il prônerait en cas de mise en cause judiciaire d’un ministre. Il a fini par trancher.
FO et la CGT appellent à manifester ce mardi contre l’accord sur l’emploi, à la veille de sa présentation en conseil des ministres. François Hollande refuse d’amender le texte et confirme son objectif d’inverser la courbe du chômage cette année. Selon l’Élysée, il n’y a pas, en l’état, de rupture à gauche.
Jérôme Cahuzac tente de sauver son poste ministériel en multipliant les pressions sur la justice et en liant à son sort tout le pouvoir exécutif. C’est une stratégie risquée, qui pourrait exaspérer Matignon et l’Élysée tant ils se retrouvent ainsi placés en première ligne du scandale.
Déjà embarrassé par le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac, le gouvernement est fragilisé par sa gestion du dossier social de Florange. Pour François Hollande, qui s’y était rendu pendant la campagne, il y va de sa crédibilité auprès des ouvriers qui l’accusent de trahison.
En quelques mois, le ministre délégué du budget s’est imposé comme une des révélations du gouvernement. Sa maîtrise des dossiers rassure l’exécutif, sa verve au Parlement séduit les députés et sa défense acharnée de la politique de rigueur ravit François Hollande. La révélation d'un compte suisse fragilise l'ensemble de l'édifice.
Laurent Fabius va à nouveau prononcer un discours de politique générale. Le 3 juillet, devant les sénateurs, le ministre des affaires étrangères sera en effet chargé, en tant que numéro deux du gouvernement, de lire aux sénateurs le discours de politique générale que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lira en même temps devant les députés.
Un président trop normal. Un premier ministre plus que trop normal. Un décorum républicain a minima. Ce mardi 15 mai fut d’une affreuse banalité. Et cela fait du bien. Sauf si François Hollande cédait à son tour à l'hyperprésidence. Parti pris.
Nicolas Sarkozy a donné mardi les clés de l'Élysée à son successeur. Des militants UMP mobilisés par le parti ont tenté de couvrir les sifflets par des « Nicolas, merci ! ». Une sortie sans éclat, loin de son intronisation de 2007. L'ancien chef de l'État affirme qu'il veut «se faire oublier». La question de son avenir n'est pas tranchée.
Les vœux à la presse de Nicolas Sarkozy, tout en donnant l'image d'un politicien marchant crânement au supplice, offrirent une vue sans pareille sur l'état d'esprit et l'inconscient présidentiels, à la veille d'échéances électorales visiblement ressenties comme dévastatrices. Petite démonstration illustrée de vidéos croisées...
Nicolas Sarkozy a renoué mardi soir avec l'exercice des vœux à la presse. Un monologue de 25 minutes au terme duquel il ne s'est pas soumis aux questions des 200 journalistes présents. A trois mois de l'élection, il a mis en garde avec sarcasme ceux qui seraient tentés de « (le) remplacer ». Récit d'un discours alternant compliments et coups de griffe.
Dimanche soir, Nicolas Sarkozy n'était toujours pas candidat (« mais ça approche ») et a semblé oublier qu'il était président depuis cinq ans. C'est pourtant un « président-candidat » qui s'est exprimé pendant une heure en direct sur huit chaînes de télévision, déroulant sa stratégie électorale et fustigeant « l'arrogance » de son adversaire socialiste.
Nicolas Sarkozy est candidat, et il l'a fait savoir dans un prétendu « off » très calculé, révélé seulement ce mardi. La suite d'un « storytelling » d'un mois où son marathon des vœux a été l'occasion pour lui de tenter d'imposer son agenda et sa réalité : Hollande serait le « favori », lui le « challenger ». Mediapart décrypte en images ses 23 discours (vidéo dans l'article).
Jeudi soir, le président-candidat ne s'est adressé qu'à un électorat: le sien. A aucun moment il ne s'est écarté des thèmes fondamentaux de la droite. Une droite loin des centristes.
Sur fond de crise européenne, Nicolas Sarkozy était jeudi en campagne en Mayenne, pour un numéro d'autosatisfaction sur son bilan. Il a multiplié les leçons aux socialistes, aux écologistes mais aussi à ses voisins européens et à ses «amis, les Allemands».