Le président français a redit jeudi devant Angela Merkel que la Commission européenne n'avait pas à dicter aux États-membres le détail des mesures qu'ils devaient adopter. Mais sur le fond, il n'y a pas de rupture entre Paris et Bruxelles.
À l’occasion du 150e anniversaire du parti social-démocrate allemand, le SPD, jeudi à Leipzig, le président de la République a loué les « réformes courageuses » de l’ancien chancelier allemand. Un exemple de plus de l’ancrage social-démocrate du chef de l'État.
Le chef de l'Etat a refusé mercredi de se prononcer sur la volonté de plusieurs pays européens de classer le Hezbollah parmi les organisations terroristes. Mais son ministre des affaires étrangères s'y est dit favorable.
Parmi les principales annonces, sa volonté de lancer « l'offensive » sur une « initiative européenne », et la confirmation de la piste envisagée par le gouvernement pour la réforme des retraites, l'allongement de la durée de cotisation.
Souvent le président est accusé par ses propres camarades socialistes de gérer le pays comme il a géré le parti. L’anniversaire de son élection est aussi celui des dix ans du congrès de Dijon. Un congrès où il devint le vrai patron du PS, mais qui est aussi le péché originel du hollandisme en responsabilité. Décryptage.
Le projet de loi traduisant les annonces de François Hollande en matière de lutte contre la fraude a été présenté en Conseil des ministres. Il maintient le monopole de Bercy dans le déclenchement des procédures pénales. Et la création du poste de “super procureur” en pointe sur ces dossiers a été renvoyée au 7 mai.
Le gouvernement a confirmé mercredi les grandes lignes de sa politique économique en présentant la feuille de route de réduction des déficits pour les trois ans à venir. Une annonce faite en dépit des dernières prévisions des instituts de conjoncture.
Mis en cause, le ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici, s'explique sur son rôle dans le scandale Cahuzac dans un long entretien avec Mediapart. Il révèle que le 14 décembre, l'administration des impôts avait demandé à Jérôme Cahuzac de signer un document attestant qu'il n'avait pas de compte en Suisse, demande à laquelle l'intéressé n'a jamais donné suite.
Lors de son discours du Bourget, en janvier 2012, François Hollande avait clamé que « présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. Et malheur aux élus qui y succomberont ! » Un an et l'affaire Cahuzac plus tard, Hollande se décide à mettre ses mots en pratique.
Pourfendeur depuis des années des paradis fiscaux, le ministre délégué au développement (EELV) salue les annonces faites par François Hollande et Jean-Marc Ayrault mercredi. « En quinze jours, on a remporté des batailles que nous menions depuis des années. » Pour lui, l'affaire Cahuzac « se transforme en opportunité ».
Dans un entretien à Mediapart, la ministre écologiste demande « davantage de transparence et de contrôle ». Sur la crise économique et sociale, Cécile Duflot insiste : « Le risque, c'est la spirale de la récession ».
La pression monte pour inciter l'Elysée à prendre des mesures de moralisation de la vie publique. L'exécutif y a travaillé tout le week-end. Certains plaident aussi pour un remaniement d’ampleur tandis que beaucoup jugent Moscovici « carbonisé ».
Il y a deux mois, Pierre Moscovici paraissait défendre mordicus l'innocence de Jérôme Cahuzac. Aujourd'hui, le ministre de l'économie est sous le feu des questions, en raison de son rôle dans l'utilisation des moyens de l'État pour la défense de l'ancien ministre du budget. Auprès de Mediapart, il assure avoir été instrumentalisé.
En une courte intervention enregistrée et diffusée à la mi-journée, le président a tenté de clore l'affaire, et a indiqué que, finalement, c'était à sa demande que Jérôme Cahuzac avait démissionné, tout en annonçant la mise en œuvre imminente de trois mesures contenues dans son programme.
En déplacement à Marseille, le ministre a plaidé pour la possibilité de votes de défiance envers des maires ou des présidents de collectivités locales. « La VIe République aurait dû conduire le président du conseil général des Bouches-du-Rhône à démissionner depuis bien longtemps », a-t-il affirmé.
Derrière le mensonge d'un homme, une crise politique qui s'entrouvre. Derrière l’écœurement de ses anciens amis floués, une interrogation qui demeure : que savait le président ? Dans un contexte de rigueur et de recentrage idéologique du pouvoir, les socialistes sont sonnés par l’aveu de Cahuzac.