Sous pression de la droite et de l’extrême droite, le camp présidentiel veut montrer qu’il n’a pas « la main qui tremble » en matière de sécurité. Depuis le drame d’Arras, l’Élysée et le gouvernement rivalisent de formules et de déclarations pour convaincre de leur fermeté. Au risque de se laisser aller à certaines dérives, voire d’enfreindre le droit international.
Le président a appelé, jeudi à la télévision, les Français à rester « unis ». Volontaire dans la lutte contre l’antisémitisme et pour la libération des otages, il a pris soin d’éviter de commenter le siège de Gaza par l’armée israélienne. Et n’annonce aucune initiative diplomatique concrète.
Faute de réponses pérennes, le pouvoir s’évertue à dépolitiser les révoltes de juin. Prévu le 9 octobre, le conseil interministériel des villes a été reporté. À la place, Élisabeth Borne a convoqué une réunion dont l’ordre du jour n’évoque ni les violences policières ni les discriminations.
La planification écologique annoncée à grand bruit le 25 septembre par Emmanuel Macron est éloignée de la véritable ambition planificatrice dont le pays aurait besoin. Tant par le manque de contrôle et de pilotage que par l’absence de vision démocratique.
La première ministre a dévoilé le détail des investissements écologiques de l’État pour l’année 2024. Préparée depuis un an, la planification écologique prend forme mais elle est toujours suspendue aux arbitrages du président de la République, censé faire des annonces le 25 septembre.
Une semaine après les avoir réunis à huis clos à Saint-Denis, le président de la République a envoyé aux chefs de parti le compte rendu de leurs échanges. Un document de six pages qualifié de « vide abyssal » à gauche mais qui ouvre la porte à la principale revendication de LR et du RN : un référendum sur l’immigration.
Le président de la République a réuni pendant douze heures, mercredi 30 août, les dirigeants politiques du pays. La gauche en est sortie déçue et la droite sceptique. À l’Élysée, où l’on a déjà annoncé une deuxième édition, on se réjouit : aucune porte n’a claqué et l’initiative a permis de remettre le chef de l’État au centre du jeu. Mais pour quoi faire ?
Le ministre de l’intérieur a rassemblé ses soutiens, dimanche 27 août, à Tourcoing. Depuis son fief du Nord, il s’est placé en héritier du Macron de 2017, tout en insistant sur l’impératif d’un retour de l’autorité, réglant ses pas sur ceux de son ancien mentor Nicolas Sarkozy.
Après de longues tergiversations, les deux figures de l’exécutif ont acté un remaniement ministériel. Exit les figures de la société civile, jugées trop discrètes, place aux fidèles et aux parlementaires. Une manière, espère-t-on à Matignon, de rendre le gouvernement plus opérationnel. Pour le souffle, il faudra repasser.
La promesse initiale d’Emmanuel Macron était de dépasser les clivages anciens au profit d’une « révolution démocratique ». Le gouffre est immense avec le pays défiant et polarisé d’aujourd’hui. Parce que sous le macronisme, l’apaisement est structurellement impossible.
En traitant la révolte des quartiers populaires sous un angle sécuritaire, le pouvoir prend un risque majeur. Même si les violences nocturnes sont en train de s’éteindre, la marmite va continuer à bouillir tant que les conditions de vie et les perspectives ne seront pas meilleures.
Les nuits de colère dans les quartiers populaires remettent la question des violences policières à l’agenda de l’exécutif. Faute de réponses viables, le gouvernement se contente pour l’instant d’afficher sa compassion et d’exhiber sa fermeté.
Le président de la République devrait annoncer, lundi à Marseille (Bouches-du-Rhône), les contours de « Quartiers 2030 », son plan pour les banlieues et les quartiers prioritaires. Sur le terrain, élus et associatifs peinent à y croire, échaudés par six ans de rendez-vous manqués et de revirements du chef de l’État.
Après avoir imposé contre son pays la réforme des retraites, Emmanuel Macron se lance dans une fuite en avant autoritaire destinée à réaliser une politique en faveur du capital. Désormais, sa volonté doit être celle du pays. De gré ou de force.
La panthéonisation du résistant communiste, symbole des étrangers anonymes qui se sont battus pour la France, est un gage donné par Emmanuel Macron à tous les humanistes du pays. Mais elle ne masque ni la loi « immigration » à venir ni les propos ambigus tenus sur Pétain.
La rhétorique et la personnalité d’Emmanuel Macron cristallisent chaque semaine l’actualité, poussant souvent à bout de nerfs ses opposants. Les voix divergent sur la manière de répondre à cette tactique élyséenne prétendant tourner la page de la réforme des retraites.