De Jean Castex à Amélie de Montchalin en passant par Agnès Buzyn ou Christophe Castaner, le président de la République prend soin de trouver des points de chute à ses anciens ministres ou députés. Au mépris de l’exemplarité promise et de l’intérêt général.
Le ministre de l’intérieur accuse la gauche de compromission avec le RN, en oubliant son propre bilan en la matière. De ses premiers pas aux côtés de Christian Vanneste à ses débats cordiaux avec Éric Zemmour et Marine Le Pen, en passant par ses écrits dans une revue de l’Action française, les souvenirs sont pourtant nombreux.
Au fond, qu’est-ce que le second quinquennat d’Emmanuel Macron ? Le chef de l’État a vécu six mois tumultueux, marqués par une défaite aux élections législatives, des crises qui durent et des projets qui s’enlisent. Le voilà désormais en quête d’un rebond et d’une direction.
Le président de la République a appelé les Français à « se serrer les coudes » au nom de la gravité du moment. Mais rien n’a été fait, ni politiquement ni socialement, pour favoriser une cohésion nationale afin d’affronter les multiples crises en cours.
Est-ce la fin du tunnel ou le début d’un autre ? La question taraude le pouvoir, qui craint que la pénurie de carburants n’engendre une crise sociale plus large. Entre dimanche et mercredi, la séquence politico-sociale sera scrutée de près par le gouvernement, conscient du risque qu’elle porte.
Alors qu’une partie du pays subit de plein fouet les difficultés d’approvisionnement des stations-service, le gouvernement a tenté de tenir une ligne rassurante, au mépris de la réalité. Lundi soir, l’exécutif a changé de cap et convoqué une réunion d’urgence pour montrer qu’il est à la manœuvre.
Le président de la République n’a pas jugé nécessaire de réagir après l’annonce du procès à venir de son ministre de la justice et de la mise en examen de son bras droit. Il mise sur le relatif silence des médias. Et ne s’y trompe pas.
Le président de la République souhaite mener à bien plusieurs chantiers d’ici à la fin de l’année : retraites, chômage, énergies renouvelables, loi sur la sécurité, débat sur l’immigration… Une stratégie risquée, qui divise ses soutiens.
Le chef de l’État a livré mardi, à la tribune des Nations unies, un discours perçu comme offensif en soutien à l’Ukraine. Pendant deux jours, il a multiplié les initiatives diplomatiques, de l’Iran à l’Afrique, en passant par l’Europe centrale et orientale. Reste, désormais, à en juger les résultats et la traduction en actes.
La transformation, ce week-end, de La République en marche en un parti traditionnel vise à pérenniser le bloc apparu en 2017. Et déjà, à sécuriser « l’après-Macron ».
Emmanuel Macron inaugure jeudi le Conseil national de la refondation, une nouvelle instance censée incarner la « méthode » de son second quinquennat. Elle en révèle surtout les difficultés : ses contours sont flous, l’opposition a refusé d’y participer et la majorité peine à cacher sa circonspection.
Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, ne veut pas entendre parler d’une taxe sur les superprofits des multinationales. Au gouvernement comme dans la majorité, beaucoup entrevoient le risque politique d’un tel entêtement. Mais personne n’ose le dire trop fort.
L’affaire de la dépublication, par le journal « Le Monde », d’une tribune sur l’Algérie désagréable aux oreilles d’Emmanuel Macron n’est pas un cas unique où l’Élysée confond journalisme et communication. Plusieurs chercheurs, responsables politiques et journalistes s’inquiètent de ce mélange des genres.
Face à la crise énergétique, le président de la République a choisi de renouer avec son outil de pilotage privilégié : le Conseil de défense. Il pourra ainsi de nouveau élaborer ses décisions à huis clos et en toute opacité, au mépris du débat et de la concertation.
Invitée de la rentrée du Medef, la première ministre a martelé sa crainte d’une « pénurie » de gaz cet hiver pour convaincre les chefs d’entreprise de baisser leur consommation d’énergie. Malgré son appel à des « changements puissants », l’exécutif se refuse toujours à contrôler ou à sanctionner les patrons récalcitrants.
Le président de la République entame ce jeudi une visite officielle de trois jours en Algérie. En froid depuis un an, les deux puissances vont tenter de sceller l’embellie diplomatique perçue ces derniers mois. La France en a besoin pour des raisons économiques, politiques et énergétiques.