Emmanuel Macron tiendra un meeting samedi dans la ville dont il a voulu faire un « laboratoire ». Pourtant, dans les urnes, les Marseillais ne lui ont pas vraiment rendu ses attentions.
Lors de son premier meeting d’entre-deux-tours, le président sortant a envoyé des clins d’œil appuyés à l’électorat de gauche et écologiste et brandi la Hongrie en repoussoir de l’extrême droite. Dans la petite foule, un premier cercle de soutiens, mais aussi des curieux et des opposants venus crier leur colère.
En 2017, la ville de Gérard Collomb avait activement participé à l’émergence puis à la victoire d’Emmanuel Macron. Un quinquennat plus tard, La République en marche y a des allures de champ de ruines. La faute aux querelles internes mais aussi à l’incapacité - voire au refus - de se structurer en véritable parti.
Emmanuel Macron est officiellement candidat à sa réélection. La rédaction de Mediapart a rembobiné ses promesses d’il y a cinq ans et tire le bilan de son quinquennat.
Le chef du gouvernement, qui ne manque jamais une occasion de vanter les mérites des voyages en train, effectue en réalité ses propres déplacements à bord de Falcon, aux frais du contribuable. Même pour les trajets les plus courts, comme le révèle une enquête de Mediapart sur un an de visites ministérielles. Une aberration écologique et économique, contraire à une circulaire signée par le premier ministre lui-même.
Mediapart révèle les dessous d’une affaire qui permet de lever une partie du voile sur les pratiques de l’actuel garde des Sceaux quand il était encore la star des barreaux et des prétoires. Le ministre réfute le moindre manquement, tout en éludant plusieurs questions en suspens.
Très critiqué en 2017 par les défenseurs d’une « laïcité de combat » et les pourfendeurs de l’intersectionnalité, le chef de l’État s’en est rapproché en cours de mandat. Clarification idéologique pour les uns, stratégie politique pour les autres, cette évolution en dit long sur celle du candidat à sa réélection.
Les vacances de fin d’année du ministre, mis en cause pour sa gestion tardive de la crise sanitaire, suscitent depuis plusieurs jours des tensions au sein du gouvernement. Son entretien polémique au « Parisien », qui a provoqué la colère des enseignants, a en réalité été réalisé depuis l’île des Baléares, a appris Mediapart. Ce qui avait été caché.
En mars 2020, la présidence de la République a nommé à la tête de son service de la correspondance un ancien du groupe de conseil informatique Capgemini. Le nouveau responsable a immédiatement fait appel à son ancien employeur en tant que consultant.
En assumant d’« emmerder » les personnes non vaccinées, mais surtout en expliquant qu’« un irresponsable n’est plus un citoyen », le président de la République, garant de l’État de droit, commet une faute morale, institutionnelle et politique. Il hystérise le débat, divise la société et offre un nouveau souffle à ceux qu’il prétend combattre.
Emmanuel Macron a présenté les derniers vœux du quinquennat en dressant un bilan rapide et embelli de son action politique. Malgré la pandémie, il a tenté de dessiner un paysage d’« optimisme » et de « tolérance » qui tranche avec celui qu’il propose depuis cinq ans.
Face aux tentations eurosceptiques d’une partie de la droite, de plus en plus sensible aux discours de repli, le chef de l’État entend profiter de la présidence de l’Union européenne pour tester ses arguments de campagne présidentielle. En insistant sur deux axes : l’immigration et la crise sanitaire.
Le ministre délégué chargé des PME a démissionné, mercredi, après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité avec sursis pour avoir menti dans sa déclaration de patrimoine et d’intérêts. Emmanuel Macron lui avait maintenu sa confiance, malgré des éléments accablants. Alain Griset a fait appel de cette décision.
Sous prétexte de parler de la crise sanitaire, le président de la République s’est offert trente minutes de monologue de campagne. Il y a défendu l’essentiel de ses réformes et esquissé quelques pistes programmatiques, dans la perspective d’une réélection bien à droite en 2022.
Du CSA à l’Autorité de la concurrence, en passant par l’AMF ou l’Arcep, l’Élysée multiplie les chausse-trappes contre ces institutions garantes de l’impartialité de l’État. Ce qui en dit long sur l’autoritarisme d’Emmanuel Macron et l’anémie de notre démocratie.
Alors qu’il communique depuis des mois sur le « séparatisme islamiste », l’exécutif n’a pas eu un mot pour condamner les propos du président de la Conférence des évêques de France, selon qui « le secret de la confession [...] est plus fort que les lois de la République ». Un silence qui s’ajoute à l’embarras observé depuis la publication du rapport sur les violences sexuelles dans l’Église.