Face aux critiques et aux contestations, le ministre de l’éducation nationale vient de publier un énième livre pour défendre son bilan. Empruntant davantage à la fable qu’aux faits, son récit dessine, entre les lignes, l’exercice solitaire et prétentieux du pouvoir d’Emmanuel Macron.
Le président français a annoncé une loi de reconnaissance et de réparation pour les harkis, ces Algériens qui ont combattu dans les rangs de l’armée française pendant la guerre d’Algérie et qui portent avec leurs descendants une mémoire à vif.
Candidat à sa réélection, le chef de l’État a fait sa rentrée politique à Marseille, où il entend installer son « laboratoire » durant les huit mois qui le séparent de la présidentielle. Si les élus locaux veulent croire en son projet, les acteurs de terrain oscillent entre la colère et la lassitude.
Les révélations du vaste scandale d’espionnage permis par le logiciel « Pegasus » n’ont pas suscité de vive réaction d’Emmanuel Macron et son gouvernement. Eux-mêmes ainsi qu’un millier de Français·e·s sont pourtant concerné·e·s.
Le président de la République veut maintenir Éric Dupond-Moretti au gouvernement malgré sa mise en examen. Ce faisant, il s’assoit sur ses promesses passées et sombre dans l’ère du sans conséquence. Une volte-face qui en dit long sur l’affaissement du pouvoir à l’épreuve du réel.
Mesures imposées, certitudes assénées, absence de débats, revirements, mises en cause, reniement des promesses... L’allocution du chef de l’État, lundi soir, dessine une image assez nette de la façon dont il exerce le pouvoir et entend aborder l’élection présidentielle de 2022.
Le président a annoncé la vaccination obligatoire pour tous les professionnels de santé d’ici au 15 septembre, ainsi que l’extension du passe sanitaire à l’essentiel des activités sociales – les cinémas le 21 juillet, les bars et restaurants début août, etc. Il a aussi défendu son bilan et la volonté de relancer dès que possible des réformes pourtant contestées.
Plutôt que de s’engager dans des débats avec les représentants élus des étudiants et des lycéens, le gouvernement a choisi d’investir le monde des influenceurs, sans toujours en maîtriser les codes. Instagram, Twitch, YouTube… : tout est bon pour communiquer. Au mépris des questions de fond.
Au nom d’un « universalisme » qui cache mal d’autres crispations, Emmanuel Macron s’est attaqué aux « logiques intersectionnelles » et aux tenues des jeunes femmes. Le « féminisme » dont il se revendique contribue à forger une vision étriquée de nos identités et de nos sociétés.
Emmanuel Macron doit confirmer d’ici au 14 juillet s’il relance une réforme des retraites avant la présidentielle de 2022 ou s’il en fait un débat de campagne. Sous pression de la droite classique, le chef de l’État veut désormais que les Français travaillent plus, quoi qu’il en coûte.
À un an de la présidentielle, le chef de l’État profite des régionales et départementales pour achever les partis d’opposition et s’installer seul face à l’extrême droite. Une stratégie périlleuse qui inquiète jusque dans les rangs de sa majorité.
Le ministre des outre-mer a été entendu, la semaine dernière, en tant que suspect libre pour des soupçons de « prise illégale d’intérêts » lorsqu’il présidait le département de l’Eure en même temps qu’il était administrateur d’une société d’autoroute.
Marlène Schiappa a annoncé le lancement d’« états généraux de la laïcité », avec des personnalités, des syndicats et des associations. Citée en exemple, la CFDT dénonce une « pure manipulation ». L’Élysée surveille de près l’initiative pour qu’elle ne se transforme pas en « états généraux du Printemps républicain ».
Plusieurs déplacements sur la Côte d’Azur de collaborateurs de la ministre de l’enseignement supérieur ont été payés avec de l’argent public dans des conditions qui ne manquent pas d’interroger. Pour un séjour en particulier, le ministère ne veut pas donner d’éléments sur la « journée de travail » censée justifier le voyage.
En annonçant, pour la énième fois, la suppression de l’École nationale d’administration, le président de la République tente de se démarquer d’une « caste » dont il est le pur produit. Et de masquer que rien n’a été fait, en quatre ans, pour réformer en profondeur le fonctionnement de l’appareil d’État.
Les décisions du président ont de lourdes conséquences pour les malades, les soignants et les familles endeuillées, mais aussi sur l’état de notre démocratie. Les Français auront-ils la force de reconstruire une vie démocratique apaisée une fois la crise sanitaire passée ?