Suppression de l’ENA: le coup de bluff d’Emmanuel Macron

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En annonçant, pour la énième fois, la suppression de l’École nationale d’administration, le président de la République tente de se démarquer d’une « caste » dont il est le pur produit. Et de masquer que rien n’a été fait, en quatre ans, pour réformer en profondeur le fonctionnement de l’appareil d’État.

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L’Élysée ne mâche pas ses mots quand il s’agit de vanter la nature « disruptive » d’Emmanuel Macron. Jeudi 8 avril, quelques heures avant que le chef de l’État annonce, pour la énième fois, la « suppression » de l’École nationale d’administration (ENA), son entourage expliquait à quel point sa réforme de la haute fonction publique, qui resurgit sporadiquement depuis le printemps 2019 et la crise des « gilets jaunes » constitue une « révolution ». Le président de la République s’en est expliqué dans l’après-midi, lors d’une intervention, organisée à huis clos et par visioconférence, avec les principaux cadres dirigeants de l’État, évoquant lui aussi « une révolution profonde ».