En sortant de son chapeau deux mots chargés de cette autorité qui lui manque, Emmanuel Macron joue avec le feu rhétorique, tant ils renvoient aux troubles paniques d’une France au tropisme absolutiste. Rappel lexicologique.
Le président de la République a nommé son ministre de l’éducation pour succéder à Élisabeth Borne. À 34 ans, l’ancien militant socialiste devient le plus jeune premier ministre de la Ve République. Faute d’inflexion sur la ligne ou sur la méthode, sa feuille de route paraît tout aussi impossible que celle de sa prédécesseuse.
Élisabeth Borne a présenté, lundi 8 janvier, sa démission au président de la République. C’est bien Emmanuel Macron, pourtant, qui a choisi de la débarquer de Matignon, désireux de donner un nouvel élan à son quinquennat. Un nouveau premier ministre doit être nommé mardi.
Le chef de l’État a adressé ses vœux aux Français, à l’aube de la nouvelle année. Un exercice convenu, plus court que l’année précédente, dont il n’est pas sorti grand-chose. La promesse d’un « réarmement civique » du pays, à l’école en particulier, confirme toutefois la tonalité politique de ce second quinquennat.
Les vœux vespéraux d’Emmanuel Macron pourraient être les derniers tant l’exercice paraît vain, l’émetteur usé, les récepteurs à bout de nerfs. Comme si tournait désormais à vide le verbe agonisant du président sépulcral d’une Ve République caverneuse.
En mettant en œuvre la droitisation du projet de loi immigration, la première ministre a perdu ses derniers soutiens dans le camp présidentiel. Sa loyauté au chef de l’État lui a-t-elle fait gagner, à l’inverse, quelques mois de sursis ? Des voix de plus en plus audibles réclament son départ, pour acter la fin du « en même temps ».
Mardi 12 décembre, le gouvernement a défendu à l’Assemblée sa décision de poursuivre le processus législatif sur la loi immigration rejetée la veille. Dans une ambiance électrique, les macronistes ont peiné à convaincre de leur faculté à obtenir une majorité.
Pris de court par la motion de rejet adoptée à l’Assemblée, les macronistes crient au « déni de démocratie » et dénoncent les « politicailleries » des oppositions. Un argumentaire pour le moins osé, venant d’un pouvoir qui n’a cessé de passer en force et de manœuvrer en coulisses, y compris avec la droite la plus extrême.
En rejetant d’emblée le texte du gouvernement, les oppositions ont plongé le second quinquennat Macron dans un flou vertigineux. Le ministre de l’intérieur a perdu tout son capital politique, le gouvernement n’a décidément pas de majorité et les regards se tournent vers Emmanuel Macron, dont le quinquennat est plus enlisé que jamais.
Le chef de l’État est critiqué de toutes parts pour avoir célébré la fête juive à l’Élysée. Jugeant cette polémique « accessoire », son entourage peine cependant à cacher son embarras. D’autant que des voix s’élèvent jusque dans la majorité, où certains dénoncent une « faute historique et irréparable ».
Alors que des groupes d’extrême droite multiplient les actions, le ministre de l’intérieur a proposé la dissolution de trois d’entre eux. Une annonce symbolique et une fermeté affichée qui tranchent avec ses silences passés et les discours qu’il tient pour défendre son projet de loi immigration.
Olivier Véran, ministre délégué chargé du renouveau démocratique et porte-parole du gouvernement, était l’invité de Mediapart. Une émission en accès libre.
La présence annoncée de l’extrême droite au rassemblement contre l’antisémitisme, organisé dimanche à l’initiative des présidents des deux chambres du Parlement, embarrasse à droite et divise à gauche. Le résultat de plusieurs années de confusionnisme politique, alimenté par Emmanuel Macron et ses soutiens.
Tout en soutenant le droit d’Israël à se défendre, le président de la République tente de montrer qu’il n’oublie pas les populations civiles de Gaza. Un devoir moral de la France, explique-t-on à l’Élysée, qui n’est pas dénué de considérations de politique intérieure.
Jeudi et vendredi, Élisabeth Borne et son gouvernement ont annoncé une batterie de mesures contre les violences urbaines et pour les quartiers populaires. Une double réponse qui penche largement du côté de la répression et qui évite d’aborder les violences policières.
Ce lundi 23 octobre, Tarik Safraoui recevait Célia Mebroukine dans « Abonnez-vous ». Journaliste du service vidéo de Mediapart, vous l’avez vue tendre le micro aux ministres, aux députés et même au président de la République.