Depuis le 31 décembre, le discours du président de la République ressemble de plus en plus aux tenants de la « troisième voie », théorisée à la fin des années 1990 par Tony Blair et Gerhard Schröder. Le « pacte de responsabilité » en est la démonstration. Et la récente visite à l’Élysée de Peter Hartz, inspirateur de l’Agenda 2010 de Schröder, en est un symbole.
Que reste-t-il de ce pouvoir, deux ans après le discours du Bourget du candidat socialiste François Hollande ? Rien. Pour le comprendre, il faut lire Gombrowicz ou Pasolini. Évoquant des politiques devenus des masques, le cinéaste italien concluait : « Si on les enlevait, on ne trouverait même pas un tas d’os ou de cendres : ce serait le rien, le vide. »
L’indifférence des Français aux escapades « sentimentales » des princes qui les gouvernent est le pendant de leur tolérance à l’égard de la corruption de la classe politique. C’est la marque d’un profond et récurrent déficit démocratique.
Invité de Bruce Toussaint sur iTélé, Edwy Plenel est revenu sur nos révélations du week-end sur l'appartement utilisé secrètement par François Hollande pour ses rencontres avec l'actrice Julie Gayet. Vidéo dans l'article.
L’appartement du 8e arrondissement de Paris, utilisé secrètement par François Hollande pour ses rencontres avec une actrice, est au nom de Michel Ferracci, soupçonné de liens avec le grand banditisme corse. Son ex-épouse, l’actrice Emmanuelle Hauck, qui prêtait cet appartement, était devenue la compagne de François Masini, assassiné le 31 mai 2013 en Corse, également soupçonné d’être lié au gang de la Brise de Mer.
L'affaire Dieudonné en est une nouvelle démonstration : Manuel Valls est “le vrai président”. Deux ouvrages de journalistes politiques au cœur du pouvoir, publiés en cette rentrée de janvier, éclairent davantage la relation entre le président et son ministre de l’intérieur.
Pour la deuxième fois de son quinquennat, c’est un président affaibli qui s’est plié à l’exercice télévisuel des vœux pour confirmer les fondamentaux de la politique menée depuis vingt mois.
Une communication mal maîtrisée, mâtinée d’imprudence, qui devient une erreur politique par faiblesse de ligne : la polémique suscitée par la publication sur le site de Matignon de cinq rapports consacrés à l’intégration est un cas d’école des cafouillages de l'exécutif.
Mardi soir, il sera de nouveau à Bruxelles pour négocier l'union bancaire voulue par François Hollande. Le ministre des finances, fragilisé et récemment désavoué par Jean-Marc Ayrault, conserve le soutien du chef de l’État, dont il est l’émissaire auprès des marchés et de la Commission.
Ces dernières semaines, l’exécutif s’est brusquement agité à propos de la directive d’application sur les travailleurs détachés dans l’Union européenne. L’objectif : contrer le Front national à six mois des européennes.
C’est la première fois depuis l’été 2012 que l’exécutif lance une offensive, à la fois médiatique et politique, qui s’adresse à la gauche. Mais la « remise à plat » de la fiscalité annoncée par le premier ministre suscite de vives réticences, y compris à l'Élysée. Son avenir reste incertain.
En dix-huit mois, le président de la République n’a pas seulement réussi à coaliser contre lui des fronts très divers et à dérouter des pans entiers de sa majorité. Même sa garde rapprochée est désormais gagnée par l’inquiétude.
En commémorant la prétendue «Grande » guerre, François Hollande a perdu l'occasion non pas de se taire – ce qu'il ne cesse de faire en articulant ! –, mais de parler, enfin haut et fort. Pour fustiger ce carnage industriel au lieu de l'exalter, en petit notable conformiste de la République… Parti pris et vidéo.
L’intervention de François Hollande au sujet de Leonarda a définitivement montré les limites de la synthèse comme mode de gouvernement. À l’heure où l’impression de flou et de navigation à vue est déjà devenue un marronnier du quinquennat, c’est aussi l’impossible théorisation politique du “hollandisme” qui explique l’abîme du pouvoir.
« La base de l’État républicain, c’est le droit. Mais la base de l’État républicain, c’est aussi l’humanité et la fraternité », a déclaré le premier ministre. La fracture provoquée par la politique de Manuel Valls au sein du gouvernement apparaît pour la première fois de manière claire.