Lors du traditionnel entretien du 14-Juillet, le président de la République a de nouveau justifié son « pacte de responsabilité », avant de promettre des réformes pour la santé, la jeunesse et le grand âge en 2015, avant des réformes de société marquées à gauche à la veille de la présidentielle.
Le chef d'état-major particulier du président a été nommé il y a quatre ans par Sarkozy. Son maintien à ce poste très important, en dépit d'un profil très droitier, irrite désormais de nombreux socialistes. « Il est dans une logique de prise de pouvoir sur le cerveau du président », dit-on même au ministère de la défense. Une longévité qui en dit autant sur les pratiques du sarkozysme que sur l'exercice du pouvoir par Hollande, et sur cet homme secret et courtisan.
Les cent premiers jours de Manuel Valls à Matignon révèlent de plus en plus clairement ce que François Hollande n’a pas voulu dire jusque-là : il a opté pour une alternance. Sans nouveau scrutin, sans nouvelle majorité, mais avec une autre assise idéologique que sa campagne de 2012.
Le secrétaire d’État aux relations avec le parlement est une pièce essentielle dans le dispositif de Valls, tout comme Cambadélis. Ces trois-là se connaissent depuis presque quarante ans. Ils n’ont cessé de se rapprocher au gré des intrigues étudiantes et des congrès socialistes.
Le 11 juin, Faouzi Lamdaoui, conseiller à l’Élysée et très proche de François Hollande, a été entendu par les policiers qui le soupçonnent de « recel d’abus de biens sociaux » et de « fraude fiscale ». En cause : une myriade de sociétés dont il a été soit l’associé, soit le gérant, soit le directeur, dont deux ont fait l’objet de procédures judiciaires.
Le secrétaire général adjoint Emmanuel Macron, un des principaux artisans de la politique économique et ex de la banque Rothschild, est remplacé par Laurence Boone, jusque-là salariée de Bank of America et membre du conseil d’administration du groupe Pinault. Six autres conseillers quittent l’Élysée.
Le président de la République espère renouer avec les Français en bouleversant la carte des régions, et en incarnant le courage du réformateur face aux conservatismes des élus locaux. Mais la réforme territoriale est contestée jusque dans ses rangs. La méthode Hollande pose de nouveau question.
Juste avant de quitter Matignon, Jean-Marc Ayrault avait officiellement créé le poste de « délégué interministériel à l’intégration », après plusieurs mois de discussions, parfois houleuses. Manuel Valls, qui s’était opposé à son premier ministre, a décidé de tout revoir.
Pire qu’un couac, c’est un mystère. Après deux années de renoncements en tous genres, sanctionnés par une déroute municipale et une catastrophe européenne, deux ministres importants viennent d’annoncer des décisions sensibles : ils reculent encore, sur le vote des étrangers et sur les droits sociaux. Mais que cherche donc François Hollande ?
Son allocution au lendemain des européennes en est une nouvelle illustration. La chronique du hollandisme se donne à lire comme une suite incohérente de contre-performances, une succession de couacs, de tête-à-queue idéologiques, de télescopages entre la vie privée et la vie publique, de trahisons et de scandales d’État. Ce n'est pas seulement à la chute de la maison Hollande que nous assistons mais aux derniers jours de la Ve République.
Après la débâcle des municipales, François Hollande enregistre un nouveau désaveu, et le PS le plus mauvais résultat de son histoire. À gauche, les appels à une « autre politique » ont déjà fusé. Le chef de l’État organise une réunion de crise lundi matin à l’Élysée.
Une partie du personnel du musée Picasso adresse une lettre de semonce à la ministre de la culture, dans la foulée de la mise à pied, le 13 mai, de la présidente de l'établissement public, Anne Baldassari. Mediapart publie ce document, qui met à mal la version officielle, alors qu'Aurélie Filippetti visite aujourd'hui le musée traumatisé...
L’Assemblée nationale examine ce qu’il reste de la loi famille. En l’occurrence pas grand-chose. Manuel Valls a prévenu dès son discours de politique générale : il veut se concentrer sur les réformes économiques et temporiser sur les questions de société. Une partie du PS est convaincue que le mariage pour tous, promesse de François Hollande, a contribué à la débâcle des municipales.
Ils ont vécu deux ans au pouvoir, dans les cabinets ministériels. Petites mains ou à des postes à responsabilité, les anciens collaborateurs du gouvernement Ayrault racontent leurs déceptions, leurs doutes et leurs désillusions sur la pratique du pouvoir et la politique de François Hollande.
Vendredi, le conseiller politique de François Hollande a démissionné après nos révélations sur ses conflits d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques. Ami de Valls et de Montebourg, il était devenu une pièce maîtresse à l’Élysée, après avoir été une des chevilles ouvrières du remaniement.
La nomination de Jouyet au poste de secrétaire général de l'Élysée dit beaucoup sur les dérives néolibérales dans lesquelles l'Élysée est aspiré mais aussi sur les systèmes oligarchiques qui ont plus que jamais le vent en poupe.