Dix jours après l'annonce du gouvernement Valls II, un nouveau mini-remaniement a été annoncé jeudi : Thomas Thévenoud est remplacé au commerce extérieur par le député Matthias Fekl. D'après nos informations, il ne remplissait pas ses déclarations de revenus.
Depuis dix jours, l’exécutif multiplie les déclarations prenant à contre-pied ses électeurs. Même certains proches d'Hollande s’inquiètent d’une droitisation mal maîtrisée. Mais la majorité d’entre eux assume, heureux d’avoir enfin le loisir de dire publiquement ce à quoi ils ont toujours cru.
Il ne manquait qu'elle!, est-on tenté d'écrire, dans la chronique de cette descente aux enfers que nous inflige François Hollande. Car au-delà du vaudeville bourgeois, l'écho du livre de Valérie Trierweiler avec l'actualité nous conduit à des questions politiques majeures sur la brutalité du virage néolibéral d'un pouvoir plus monarchique que jamais.
L'exaspération militante était palpable lors de la clôture de l'université du PS de La Rochelle. Les sifflets et demandes de gauche se sont atténués à mesure que le premier ministre a modéré son propos.
Social-libéral, social-démocrate, socialiste: les ministres du gouvernement Valls ne savent plus comment ils s’appellent, et plus vraiment où ils habitent. Deux ans et demi après la victoire de François Hollande, ils en sont à devoir prouver leur appartenance à la gauche et à aligner de confuses explications.
Le nouveau ministre de l’économie, ancien conseiller de Hollande, est un ardent défenseur d’une rénovation profonde des théories de la gauche. «L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est», estime-t-il. Verbatim d'un entretien réalisé il y a un an.
Seize ministres, dont huit hommes et huit femmes. Le nouveau gouvernement Valls ne bouge guère. Deux nominations importantes : Najat Vallaud-Belkacem à l'éducation et Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires et ex-secrétaire général adjoint de l’Élysée, au ministère de l'économie et de l'industrie.
En désaccord avec la politique économique, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti quittent le gouvernement. Face à l'aggravation de la crise, Hollande et Valls veulent aller plus loin, et plus vite, dans leur rupture avec la gauche. Au risque de ne plus avoir de majorité.
Dans une lettre envoyée à François Hollande et Manuel Valls, Aurélie Filippetti, ministre de la culture depuis mai 2012, explique pourquoi elle n'est pas «candidate à un nouveau poste ministériel».
Confrontés à une situation économique catastrophique, l’Élysée et Matignon mènent une grande offensive de rentrée, multipliant les annonces des mesures à venir. Alors que les orientations choisies déconcertent les socialistes, Manuel Valls rappelle à l’ordre sa majorité. Mais le malaise s’étend jusqu’au gouvernement. Un nouveau clash a eu lieu à Matignon. Le gouvernement mène-t-il encore une politique de gauche ? se demandent des socialistes.
La rentrée s’annonce sous de sombres auspices pour le gouvernement. Selon les prévisions du Trésor, toute l’Europe, y compris l’Allemagne, est prise dans une spirale déflationniste. Tous les espoirs de retrouver la croissance, d’endiguer le chômage, de redresser les comptes publics risquent d’être réduits à néant. Montebourg milite pour un changement de politique. Valls hésite et Hollande ne dit rien.
Depuis le début de la guerre menée par Israël à Gaza, Manuel Valls a été le plus virulent pour dénoncer les manifestations de soutien aux Palestiniens organisées en France et pour condamner ce qu’il appelle un « nouvel antisémitisme ». Des propos conformes à ses déclarations des dernières années, mais qui détonnent avec ses engagements passés comme maire d’Évry.
Depuis qu’il est à l’Élysée, François Hollande a presque autant déçu sur la scène internationale qu’en matière de politique intérieure. Il donne le sentiment d’un pouvoir qui dirige et décide au fil de l’eau, cédant aux sirènes souvent réactionnaires de l’air du temps.
Dans son rapport sur les comptes 2013 de la présidence de la République publié 15 juillet, la Cour des comptes se réjouit des efforts d'économies engagés par François Hollande. Elle détaille les frais liés au statut de “Première dame” et s'inquiète de la disparition en 2012 d'œuvres et de meubles relevant du Mobilier national.
Lors du traditionnel entretien du 14-Juillet, le président de la République a de nouveau justifié son « pacte de responsabilité », avant de promettre des réformes pour la santé, la jeunesse et le grand âge en 2015, avant des réformes de société marquées à gauche à la veille de la présidentielle.