Macron, «c’est le chef comptable qui a pris le pouvoir»

Pur produit de la technostructure, Emmanuel Macron avait promis qu’il bousculerait les schémas de l’« ancien monde » en réformant le fonctionnement de l’appareil d’État. Un an après son élection, la méthode qu’il a instaurée, en mettant au pas la haute administration et en accordant un rôle prédominant à Bercy, a accentué un mouvement vieux de trente ans : l’hypercentralisation du pouvoir.

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C’est son monde. « Son espace naturel », disent certains. Il en connaît les codes, les avantages, les travers aussi. Ancien inspecteur des finances, sorti dans la botte de la « promotion Senghor » (2002-2004) de l’École nationale d’administration (ENA), Emmanuel Macron a observé la technostructure de près. D’abord au sein même de l’un des corps les plus fermés de la République, qu’il dit avoir intégré comme l’on découvre « un nouveau continent » et où, pendant quatre ans et demi, il a appris « à analyser, à décortiquer les mécanismes multiples qui font la vie de l’État et de ses agents ». Ensuite à l’Élysée, où il fut secrétaire général adjoint du cabinet de François Hollande de mai 2012 à juillet 2014, puis à Bercy, en tant que ministre de l’économie. Il en était le pur produit. Président, il en est devenu la tête de gondole.

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