Né en 1980, deux années d'école à Marseille, deux autres à La Croix. Reporter spécialisé sur le Maghreb et le Moyen-Orient pour Mediapart depuis 2008. Auteur de quatre essais, dont La révolution confisquée, enquête sur la transition démocratique en Tunisie (Actes Sud, 2012), et un roman, La Traversée du chien (Galaade, 2014). Dernière parution : Israël-Palestine, la paix n'aura pas lieu (Don Quichotte, 2015.)
Au Maroc, le mouvement de contestation ne touche pas que les étudiants ou les diplômés-chômeurs. Pour l’homme d’affaires marocain Karim Tazi, qui soutient les dizaines de milliers de manifestants du 20 février, les Marocains demandent aujourd'hui une véritable séparation des pouvoirs.
Le pouvoir algérien tente de noyer la contestation avec un plan estimé à 11,6 milliards d'euros, et l'annonce de la fin de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1992. En pure perte, selon des syndicalistes et analystes.
Alors que l'armée aurait bombardé Tripoli et d'autres villes du pays, le bilan des victimes s'alourdit d'heure en heure. Sur Al Jazeera, l'ambassadeur libyen à Washington appelle à une action de la communauté internationale pour «arrêter le massacre.» Questions sur le régime, les fils Kadhafi et les chances de succès de l'insurrection.
Absence de classe moyenne, sous-équipement... La mobilisation algérienne peine à prendre l'envergure de ses équivalents tunisien ou égyptien. Une nouvelle marche prévue à Alger et des actions à Oran, Annaba ou Constantine tentent de relancer le mouvement samedi.
Le renoncement de la diplomatie française à toute ambition en matière de droits de l’homme sous l’ancien régime tunisien, pour privilégier la coopération sécuritaire et l’illusion de l’Union pour la Méditerranée, est désormais documenté par une nouvelle série de câbles diplomatiques, rendus publics ce vendredi par Mediapart, partenaire de WikiLeaks.
La face cachée du modèle économique de Ben Ali, célébré par la France et le FMI, était bien visible depuis 2008 et le conflit social de Gafsa, qui a mis au jour l'immense corruption du système tunisien. Reportage à Gafsa et Redeyef, épicentre du séisme social qui secoua la Tunisie, trois ans avant sa libération.
Les manifestations hostiles au gouvernement de transition se poursuivent. En coulisses, chacun se consulte, persuadé que le temps des caciques du RCD, le parti de Ben Ali, touche à sa fin. Les familles, quant à elles, attendent la libération des prisonniers politiques, dont beaucoup de militants islamistes, que la plupart des Tunisiens souhaitent voir reprendre leur place au sein de la société nouvelle.
En Tunisie, les prisonniers politiques rentrent chez eux. Ainsi Fahem Boukadous, journaliste et dissident emprisonné depuis juillet 2010 pour «diffusion d'informations de nature à troubler l'ordre public» et libéré mercredi.
Les Tunisiens ont aujourd'hui encore manifesté pour exiger la fin du RCD, le parti de l'ancien président Ben Ali. En coulisses, les tractations se poursuivent autour de l'UGTT. Le vieux syndicat unique, qui a accompagné la révolution, apparaît comme la seule force capable de fédérer l'opposition politique. Enquête.
Opposant historique, plusieurs fois emprisonné sous le régime de Ben Ali, Hamma Hammami, le dirigeant et porte-parole du parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, toujours interdit officiellement), appelle, comme l'UGTT, à la dissolution du RCD et à une assemblée constituante. De notre envoyé spécial.
Grève générale inédite, recul pris par l’ar- mée… De nom- breux signes font penser que la formidable mobilisation tunisienne, qui ne se dément pas depuis un mois, peut conduire à un changement de régime.
Alors que la police tunisienne a continué à tirer sur les manifestants lundi, le front autour du président Ben Ali semble se fissurer. L'armée s'est en partie désolidarisée d'actes de répression. Selon les informations recueillies par Mediapart, les avocats veulent déposer plainte devant la Cour pénale internationale, alors que le syndicat UGTT discute pour la première fois d'un appel à la grève générale.
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Chères lectrices, chers lecteurs: Depuis janvier 2008, je couvrais pour Mediapart le Maghreb et le Moyen-Orient. Une mission qui, les premières années, fut à la fois exaltante et précaire, comme le sont les débuts des aventures.
Deux des témoins clés de l'enquête publiée en avril dans Mediapart sur l'ampleur et la responsabilité des purges dans l'inefficacité des services antiterroristes turcs ont été arrêtés après la tentative de coup d'Etat en Turquie. La répression engagée par Erdogan est désormais sans limite.
Jadis soutien actif de Ben Ali lorsqu'il était président du FMI, décoré par l'ancien dictateur tunisien, DSK, apprend-on dans Le Parisien, va se pencher «au chevet de la Tunisie» et «mettre ses compétences et son immense carnet d'adresses au service de la Tunisie».
Qu’est-ce que l’islam politique ? Qui sont les Frères musulmans ? À rebours d’une approche globalisante de l’islam politique, l’ouvrage dont j’ai eu le plaisir de diriger la rédaction et qui paraît ce jour a pour objectif de montrer que les organisations issues des Frères musulmans des différents pays du Maghreb et du Moyen-Orient ne constituent pas une seule et même entité mais prennent de multiples visages, qui s’opposent parfois radicalement.